Télévision à la une - Des écoles à l’étude

La porte du bâtiment s’ouvre sur des enfants en fauteuil roulant, avançant à l’aide d’une marchette ou se traînant par terre. Ils sont magnifiques, mais quelque chose, dans leur visage, cloche. Certains s’expriment bien, mais d’autres gémissent ou ne parlent pas du tout. Il y en a qui peinent à manger par eux-mêmes, tandis que certains de leurs petits camarades se font gaver à l’aide d’une sonde. On se croirait dans l’aile pédiatrique d’un hôpital. Mais les couloirs où se trouvent ces enfants sont ceux d’une école.

L’école Victor-Doré, qui accueille environ 170 enfants lourdement handicapés, vient briser l’image qu’on veut bien se faire de l’école traditionnelle, avec les pupitres en rangées derrière lesquels sont assis des élèves sages... et moins sages. On imagine que c’est pour briser le mythe de la petite école et coller davantage à la réalité que les productions Claire Lamarche se sont intéressées à toutes sortes de milieux scolaires et ont choisi de lancer leur série de 12 épisodes par une incursion dans cette école hors du commun. Après la captivante Soins intensifs, qui nous ouvrait les portes du milieu de la santé, la série Écoles à l’examen propose d’étudier l’école sous divers angles, dans ses multiples vocations.

Recette attachante

La recette est pratiquement la même: de belles images audacieuses, du «vécu» et de l’émotion. On s’attache aux enseignants, aux directeurs et au personnel de l’école qui nous ouvrent la porte sur leur quotidien et sont les fils conducteurs de chacun des épisodes d’une heure. On se reconnaît dans ce qu’ils sont et dans les élèves, pour qui ils se dévouent, que nous avons peut-être été. La réalisation léchée et les commentaires pertinents et bien dosés de la narratrice et productrice, Claire Lamarche, font appel à notre intelligence.

Le tour d’horizon, fait d’instantanés de ce qui se passe dans divers milieux scolaires
aux quatre coins du Québec, est complet. La caméra est braquée sur les écoles, sur ce qui vibre en ces murs, sans complaisance. Au-delà des belles histoires, on saisit les enjeux et toute l’ampleur des défis à relever.

Le deuxième épisode, tiens, en est un bon exemple. On pénètre dans le quotidien de l’école Marie-Anne, exclusivement réservée aux décrocheurs, suivant Samir, le professeur de mathématiques qui, à 72 ans, entame sa 41e session d’enseignement. Maître à la méthode très classique et quelque peu rigide, il gagne pourtant rapidement l’estime de ces élèves, à qui il parvient à inculquer des connaissances et des valeurs, comme arriver l’heure. En filigrane, on découvre toute la complexité de ces jeunes décrocheurs, dont certains trempent dans le crime organisé et des milieux très difficiles, mais aussi les ressources, humaines et matérielles, qui sont déployées pour les aider.

Le rendez-vous se répète semaine après semaine à l’école Face, qui met l’accent sur les
arts, à l’école des Quatre-Vents, à Sherbrooke, où le tiers des enfants sont de nouveaux
arrivants, à l’école de la Falaise, qui vit les défis que pose la démographie en région, ou encore à l’école secondaire publique de Rochebelle, un gros bateau de 1800 élèves qui vise l’excellence avec son programme d’éducation internationale. Vite, en classe. Et ça vaut la peine d’arriver à l’heure.

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