À voir le mardi 13 août - Ouvrir les portes et ne jamais les fermer

On se demande pourquoi le sujet, pourtant riche en archives et qui peut être abordé par des sources de première main, n’avait toujours pas été traité dans le cadre de la formidable série Tout le monde en parlait, qui en est quand même à sa huitième saison.

Ce panorama historique de la place des femmes en politique au Québec et au Canada depuis une cinquantaine d’années vient combler cette lacune. Il est certes incomplet (une édition en deux épisodes aurait été de mise...), mais il donne toutefois la parole à des pionnières fort intéressantes à entendre et à celles qui les ont suivies, qui le sont tout autant.

Claire Kirkland-Casgrain sera la première femme élue à l’Assemblée nationale en 1961 et la seule à siéger dans ce Parlement pendant 12 ans, jusqu’à ce qu’une autre libérale reprenne ce flambeau en 1973, soit Lise Bacon, l’une des pionnières interrogées. Celle-ci rappelle que le Parti libéral d’alors, dont elle était pourtant la présidente, cherchait plutôt des candidats que des candidates de qualité... Une autre Lise marquante de notre histoire politique, madame Payette, explique pour sa part qu’après avoir prêché pour l’engagement des femmes en politique, elle s’est elle-même lancée dans la mêlée, pour «ouvrir des portes» et «s’assurer qu’on ne puisse plus jamais les fermer».

Cette dernière rappelle toutefois qu’«en politique, si les femmes étaient vraiment égales, elles pourraient se saouler un soir à Québec, rouler sous la table. On la raccompagnerait à son hôtel et il n’y aurait rien dans le journal le lendemain».

Ça n’empêche pas une nouvelle génération ambitieuse d’émerger, à laquelle appartient Pauline Marois, devenue la première femme à diriger le Québec, Monique Jérôme-Forget, qui a calmé les ardeurs de «pépines» de ses collègues masculins, et Sheila Copps, la première députée canadienne à avoir donné naissance dans «l’exercice» de ses fonctions, qui explique qu’en politique, «un homme agressif est un leader, alors qu’une femme agressive est considérée comme une “bitch”».

L’avenir s’annonce toutefois plus radieux, car on nous rappelle qu’actuellement, 90 % des Canadiens vivent dans des provinces dirigées par des femmes. De quoi encourager des politiciennes en herbe à se lancer...

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