À voir le mercredi 14 août - Quatre filles dans le vent

Sinon la présentation de Stéphane Archambault façon Ed Sullivan (et une mini-entrevue), c’est de la musique et rien que de la musique. De la fichue de bonne musique. Une grosse demi-heure avec Lisa LeBlanc et les Hay Babies, six chansons complètes entre les pauses publicitaires, on ne se plaindra pas, hein? À se croire revenu au temps béni de Vedettes en direct. Les artistes tels quels, la caméra simple témoin. Presque.

Je dis presque parce que la télé d’aujourd’hui exige de rendre l’occasion... intéressante. Faisons-les jouer et chanter ensemble, Lisa et les Babies. Quatuor d’Acadiennes «pour un soir seulement», c’est le concept. Encore heureux que les filles soient «chummy», comme dirait Lisa: l’Acadie commune suppose certes le partage du chiac (et justifie la diffusion de l’émission dans le cadre de Toute une soirée en Acadie, coïncidant avec la fête nationale acadienne), mais ne garantit pas la chimie. Surtout dans un contexte aussi frigorifiant.

Froideur radio-canadienne? Jamais ces jeunes femmes, généralement intraitables une fois lâchées sur scène, ne m’ont semblé aussi confinées que dans ce petit studio, coincées jusque dans leurs jolies robes, leurs chevelures très placées et leurs maquillages de bal de fin d’études (était-ce leur idée, ce pomponnage?). On peine à reconnaître Vivianne Roy, la chanteuse-guitariste habituellement déchaînée des Hay Babies, pas très mobile dans sa mini-robe sixties ni très à l’aise sans son chapeau de cuir.

Sûr et certain que c’est magnifiquement riche quand les Babies harmonisent dans le refrain de J’suis pas un cowboy; bien évidemment que le solo de mandoline de Lisa ajoute quelque chose (de beau) à Néguac and Back (poignante chanson à propos de l’exode rural), mais l’ambiance gèle: au lieu du surcroît de folie escompté, il y a PLUS de retenue à quatre. Un comble. On aurait dû filmer les mêmes dans un party après leurs shows respectifs: j’en témoigne, ça brasse autrement.

À voir en vidéo