À voir le jeudi 15 août - Profession: métaphysicien

L’arbre de vie est une image, un concept, que l’on retrouve dans de nombreuses religions. C’est à ses pieds qu’Adam et Ève auraient folâtré. Dans la kabbale, il symbolise les dix principes universels par lesquels Dieu crée le tout à partir du néant. Au cinéma, L’arbre de vie est le film le plus personnel de Terrence Malick (La balade sauvage, Les moissons du ciel, La mince ligne rouge). C’est aussi celui qui a permis à l’auteur de remporter la prestigieuse Palme d’or.

Pour l’essentiel, L’arbre de vie brosse une chronique familiale typiquement (c’est la manière Malick) elliptique et impressionniste. Campée durant les années 1950, la plus grande partie de l’action est perçue à travers le regard impressionnable du jeune Jack, un adolescent tiraillé entre le bien et le mal, entre la grâce et la nature, entre sa mère et son père. Devenu un architecte d’âge mûr, Jack se souvient, médite et vit une forme d’épiphanie.

Mais il y a plus, beaucoup plus dans cette œuvre d’une ambition folle, les racines de cet arbre-là courant jusqu’aux fondements mêmes de l’existence. Ainsi, au bout d’une vingtaine de minutes auprès du jeune Jack et des siens, a-t-on droit au Commencement, et à la naissance de l’univers lors de séquences conçues par Douglas Trumbull (2001: l’odyssée de l’espace). L’épilogue, en particulier, a alimenté maints débats entre ciné-philes, en laissant plusieurs perplexes, voire agacés.

En effet, la séquence finale, particulièrement «nouvelâgeuse», apparaît d’une lourdeur étonnante dans le cinéma d’un auteur qui a plutôt habitué son monde à la subtilité et à la finesse. Une fois n’est pas coutume, le génial cinéaste, ce qu’est indubitablement Terrence Malick, flirte avec une approche esthétisante dans sa quête métaphysique. Le résultat, il n’empêche, vaut d’être vu une fois au moins, ne serait-ce que pour la portion centrale et la somme de beautés que recèle le film.

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