À voir le vendredi 12 juillet - Pour le plaisir

Nul besoin de connaître les bandes dessinées de Tardi, nées au cours des années 70, pour apprécier le film de Luc Besson, qui se savoure comme un bonbon à croquer par pur plaisir. Mais les admirateurs de la célèbre et intrépide journaliste française du début du XXe siècle n’y égareront pas trop leurs repères, encore que Besson ait arrondi les angles pour rendre son Adèle Blanc-Sec plus humaine. Ici, elle veut sauver sa soeur, se montre capable d’émotions. Mais Louise Bourgoin, dans la peau d’une Adèle plus physiquement flamboyante que l’originale, montre une impétuosité qui sied fort bien au profil de l’aventurière.


L’adaptation de Besson est très amusante. Il faut prendre ce film comme une bédé nourrie de fantaisie pure. Cette histoire d’un ptérodactyle pondu à l’ère jurassique qui sort de son oeuf et sème la terreur sur la Ville lumière en 1912 donne lieu à des scènes hautes en couleur: vol de l’héroïne sur le dos de l’oiseau géant fort bien conçu, apparition de la bête sur la tour Eiffel, etc.


Le scénario s’aventure aussi en Égypte, où la belle est aux prises avec de vilains pilleurs d’or et des momies, dont on retrouvera les consoeurs au Louvre. Tout cela est fort réjouissant et mené sur un rythme d’enfer. Mais les deux histoires, ptérodactyle et momies, bien imbriquées au départ, peinent plus loin à se marier de façon fluide.


Mais ne boudons pas notre plaisir. Besson a tiré profit des leçons de ses expériences américaines dans cette production ambitieuse, qui réclame les codes des films d’action, à la réalisation et au montage. L’esthétique d’Amélie Poulain n’est pas loin non plus.


On sait gré au cinéaste de Nikita d’avoir gardé le caractère très français des dialogues de Tardi, avec des expressions de politesse surannées et toujours délicieuses quand elles s’adressent à ce Tintin en jupons.


Mathieu Amalric, méconnaissable en vilain Dieuleveu, égyptologue haineux, avec des oreilles en chou-fleur et des dents pourries, ou Gilles Lellouche, en stupide et affamé inspecteur Caponi, sont fort comiques. Belle galerie d’archétypes sur deux pattes.


Besson livre ici une oeuvre sans prétention mais non sans allant, avec une mise en scène dynamique, colorée, sur cet univers foufou à souhait. Bref, on rigole en saluant au passage le travail aux effets spéciaux, pas mal réussis, et la fraîcheur de cette trépidante envolée au royaume de l’humour, du fantastique et de l’aventure dans un surréaliste Paris d’antan.

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