À voir le mardi 9 juillet - L’inaccessible rêve américain

Le fameux rêve américain veut que chaque génération vive mieux que la précédente. Aujourd’hui, ce rêve ne vaut plus que pour la minorité nantie. Depuis les années 1980, la classe moyenne, et surtout sa composante qui détenait les emplois industriels qu’on délocalise vers les paradis ou la main-d’oeuvre est bon marché, n’y a plus droit.


Les chiffres sur l’emploi et la rémunération nous informent régulièrement sur ce phénomène. Bill Moyers et l’équipe de Frontline avaient suivi deux familles ouvrières de Milwaukee, les Newman et les Stanley, entre 1991 et 2001. On peut revoir ce reportage, auquel s’ajoute un segment sur ce que les deux familles sont devenues. Elles sont les visages derrière les statistiques.


Ce qu’on voit n’est pas jojo. Il s’agit essentiellement de la lutte pour conserver sa modeste maison et régler ses factures après la fermeture de l’usine où Tony Newman et Claude Stanley travaillaient. Une famille est blanche, l’autre noire, mais, devant les forces économiques à l’oeuvre, cela ne fait pas beaucoup de différence.


Un des couples finit par se séparer, l’autre tient le coup. Mais, au final, ce qu’on retient, c’est que pour ces gens, il faut maintenant deux emplois, ou davantage, pour gagner ce qu’on gagnait il y a vingt ans.


Ces Américains moyens, typiques, font preuve de beaucoup de dignité et de courage. Ils sont intelligents. Ils comprennent ce qui leur arrive. Pourtant, ils ne se révoltent pas vraiment.

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