À voir le lundi 8 juillet - Apparences trompeuses

Bahia est la fille d’un émigrant algérien et d’une pasionaria de Mai 68. Elle campe à gauche de la gauche. Arthur est biologiste et, à cause de sa profession et de son allure coincée, Bahia a décidé qu’il ne pouvait qu’être à droite.


Et les hommes de droite, Bahia les met dans son lit afin de les convertir. Les résultats tendent à prouver qu’un peu d’amour vient à bout de bien des maux, sauf qu’Arthur n’est pas à droite. Qu’à cela ne tienne: Bahia a jeté son dévolu sur lui.


Le nom des gens surprend par sa fraîcheur. Dès les premières minutes, des présentations à la caméra entrecoupées de retours en arrière illustrant le bagage familial des protagonistes séduisent. Ruptures de ton spontanées, textures et techniques mixtes à l’image: partout, une variété concertée, pertinente.


Dans le rôle d’Arthur, Jacques Gamblin (Au coeur du mensonge, Laissez-passer) fait montre d’une aisance parfaite, tandis que dans celui de Bahia, Sara Forestier (L’esquive) met en avant une pétulance conquérante, avec César de l’interprète féminine à la clé. Leurs parents sont respectivement interprétés par Jacques Boudet, Michèle Moretti, Zinedine Soualem et Carole Franck, seconds couteaux au métier considérable ayant l’occasion de briller dans les moments légers comme dans les plus graves.


Car si Le nom des gens fait rire intelligemment et souvent, le drame n’est jamais loin et d’autant plus prenant qu’il est ordinaire et actuel puisqu’en filigrane, le récit coscénarisé par le réalisateur Michel Leclerc et sa conjointe Baya Kasmi interroge l’identité nationale française alors que l’extrême droite de la dynastie Le Pen reprend du galon.

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