À voir le mardi 25 juin - Vous avez dit Bricklin ?

Une voiture sport qui ferait concurrence à la célèbre Corvette mais qui serait entière-ment conçue et fabriquée au Nouveau-Brunswick? C’est l’aventure un peu folle que la petite province a tentée, au début des années 70, et que nous rappelle - ou nous apprend, tout simplement - l’émission Tout le monde en parlait.


Elle s’appelait la Bricklin, du nom du jeune play-boy américain Malcolm Bricklin, qui a su convaincre le gouvernement provincial de Richard Hatfield de devenir, à coups de millions, l’actionnaire principal dans cet improbable projet.


La Bricklin répondait à tous les canons de beauté des voitures sport de l’époque avec son long nez plat, son arrière ramassé et surtout ses deux portières papillon qui s’ouvraient vers le haut. On la voulait aussi ultrasécuritaire et innovatrice avec sa carrosserie en matériaux composites.


Née en 1973, la compagnie a déjà commencé sa production le printemps suivant. Elle fait rêver les Néo-Brunswickois, qui n’ont pas l’habitude de se voir à la une des magazines branchés et qui y voient une éclatante façon de diversifier leur économie.


L’aventure se heurtera toutefois rapidement à la dure réalité. Les performances techniques de la voiture ne sont pas à la hauteur des attentes, au point même de la rendre dangereuse, raconte le chroniqueur automobile Jacques Duval. Les performances de l’entreprise ne sont pas au rendez-vous non plus. Les 700 employé de ses deux usines peinent à atteindre ne serait-ce que la moitié de la cadence de production projetée. On a sans cesse besoin d’injection de nouvelles liquidités que le gouvernement à de plus en plus de mal à justifier.


Le gouvernement décide de mettre la clef sous la porte à l’automne 1975, après 23 millions en investissement (122 millions en dollars d’aujourd’hui) et seulement 3000 voitures produites. L’aventure a laissé un goût amer à ceux qui avaient cru au projet et qui auraient voulu que, pour une fois, Ottawa n’aide pas seulement l’Ontario dans l’automobile. Mais elle leur a laissé aussi le sentiment de fierté d’être parvenus, contre toute attente, à fabriquer de rutilants bolides qui ont (brièvement) fait rêver le monde de l’automobile.

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