À voir le mardi 11 juin - Le beau captif

Quand, quelque part en 2001, le cinéaste américain Steven Soderbergh a osé annoncer qu’il tournerait une nouvelle adaptation du roman Solaris de Stanislaw Lem, déjà porté à l’écran par Andreï Tarkovski, tout le monde (et son voisin) s’est empressé de hurler à l’hérésie. Solaris, refait? Scandale! Honte à Hollywood!


Dans le brouhaha, la simplicité de la formule s’est perdue. C’est que les chantres de l’intégrité artistique ont d’emblée fait une interprétation fausse de la proposition en tenant pour acquis qu’il était question d’un remake du chef-d’oeuvre de l’illustre Tarkovski, d’où la bile répandue avant même la sortie du film. Or voilà, ce Solaris-ci, à l’instar du premier, est une adaptation du roman original et non une redite cinématographique. Tout est question de nuances, que l’oeuvre de Soderbergh a d’ailleurs fort jolies.


L’intrigue, pour mémoire, concerne un psychologue qui ne se remet pas du décès de son épouse et qui accepte de se rendre dans une station spatiale afin d’y examiner des membres d’équipage dont les comportements inquiètent. À son grand désarroi, le visiteur est confronté sur place aux manifestations bien tangibles de sa chère disparue. Phénomène surnaturel? Folie? Le récit laisse le champ libre à différentes interprétations.


Oeuvre languide à l’esthétisme raffiné, Solaris jouit d’une mise en scène fluide, d’une direction photo admirable et d’un montage très efficace. Sous différents pseudonymes, Soderbergh est responsable des trois, ainsi que du scénario.


Rayon interprétation, George Clooney propose un jeu intériorisé, mélancolique; ses traits avantageux mais ici fatigués véhiculent une tristesse infinie. Il en résulte un film hanté. Littéralement, soigneusement composé. Car l’image occupe un espace prépondérant dans son oeuvre...

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