À voir le dimanche 9 juin - 1492, puis après

Dans sa langue originale, la série est présentée sous le titre Der Kolumbus Effekt, ce qui semble une façon encore plus jolie de résumer 1492, le clash des continents, sur les bouleversements engendrés par la grande découverte de la fin du XVe siècle. Dans l’histoire du monde, il y a un avant et un après Colomb, et les effets du voyage fondateur se font encore sentir partout, jusque dans le quotidien de presque tous les habitants du monde.


On n’a qu’à penser à l’alimentation. Le Nouveau Monde a fourni des produits maintenant jugés de base partout, dont la tomate, les piments et la pomme de terre. On peut ajouter le maïs et le dindon, bien sûr, mais aussi le tabac. En revanche, le Vieux Continent a amené ici le mustang, les pommes, et même des abeilles beaucoup plus travailleuses, capables de favoriser la pollinisation de toutes les plantes à fleurs, ou presque.


Le portrait ne se concentre pas uniquement sur les échanges de plantes et d’animaux. Tous les aspects de la vie et de la mort y passent, dans une oscillation constante d’un espace à l’autre, d’un temps à un autre. La variole et d’autres maladies européennes ont peut-être emporté 90 % de la population américaine en quelques décennies. Les virus sont même plus rapides que les conquérants, qui peuvent s’emparer de terres dépeuplées. En échange, l’Amérique donne la syphilis à la petite péninsule perdue au bout de l’Asie.


Le documentaire traite souvent des facteurs écologiques des explorations et des échanges. Avec les nouvelles plantes, les paysans européens introduisent des pissenlits et d’autres mauvaises herbes. Dans les déserts de l’Ouest, l’analyse des troncs d’arbre et des nids de rat fossilisés montrent comment les Anasazis ont ravagé leurs milieux.


Le travail passionnant relaie les dernières recherches archéologiques et historiques. Les découvertes savantes sont illustrées par des images numériques et des reconstitutions «en vrai» qui permettent de visualiser la vie des deux bords de l’Atlantique. C’est beau, c’est bon et ça renseigne. Que peut-on demander de plus?

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