À voir le mercredi 15 mai - Les enfants de Naples au travail

Victimes de premier plan de la crise économique européenne, des dizaines de milliers d’enfants de la ville de Naples, en Italie, sont condamnés à abandonner l’école pour travailler et faire vivre leur famille. Ce sont ces gamins qu’une équipe de journalistes a suivis dans le cadre d’un reportage diffusé à l’émission Grands reportages, de Radio-Canada. Des gamins que certains éducateurs cherchent activement à sauver des filets de la mafia.


Depuis quelques années, les autorités de Naples ont en effet constaté que l’absentéisme des enfants dans les écoles primaires et secondaires grimpe en flèche. Dans certaines écoles de quartiers défavorisés de la ville, un élève sur deux manque plus de 100 jours d’école par an. Selon les données de la mairie de Naples, 54 000 mineurs de moins de 16 ans ont déserté les écoles en 2011. Plus choquant encore, 20 000 enfants de moins de 13 ans auraient quitté les bancs d’école à la même date. Tout ça quelques années seulement après que l’on a haussé l’âge obli-gatoire de fréquentation de l’école de 14 à 16 ans...


Ces enfants sont souvent des soutiens de famille, dans un contexte où les salaires sont très bas. Ils travaillent dans les marchés, vendent du popcorn ou encore sont commis d’épicerie. Sous-payés, ils deviennent rapidement des proies très faciles pour la mafia locale, qui peut leur offrir 100 euros par jour pour revendre de la drogue. Celle-ci exploite d’ailleurs activement les enfants pour faire ses sales besognes, puisque ceux-ci sont souvent trop jeunes pour être traduits devant la justice.


Ce recours au travail des enfants serait un effet direct d’une crise économique tragique. L’Italie a une dette publique de 250 milliards de dollars et coupe dans les programmes sociaux.


C’est ce qui fait dire à cette veuve qui fait des ménages pour un salaire de misère, dont le fils de 15 ans doit travailler six jours par semaine, plus de dix heures par jour, pour faire vivre la famille: «Je ne vais pas l’envoyer à l’école pour chauffer sa chaise.» Le jeune homme aurait pourtant rêvé de devenir informaticien.