À voir le mercredi 8 mai - Dans la tête d’un drôle hirsute et multicéphale

C’est complètement pété, à l’image du personnage. Sorti de nulle part - en fait, d’un festival de la relève à Amqui -, André Sauvé n’est finalement pas allé n’importe où: son premier spectacle pour homme seul présenté à Montréal en 2008 a consacré cet humoriste hyperactif dans l’exploration de la psyché humaine en rien de moins que 341 représentations partout au Québec qui ont décrispé près de 240 000 personnes à ce jour. Fort. Très fort.


De ces moments d’introspection en public, il reste bien sûr, pour ceux qui étaient là, le souvenir d’un bain divertissant pendant plus d’une heure trente dans une délicieuse confusion, dans un délire loufoque à l’instabilité tenant paradoxalement sur une structure solide. Il reste également une captation pour la télévision que l’empire Québecor, très proche de celui de Juste pour rire, propose ici en guise de énième infopublicité pour le festival du même nom qui s’approche à la porte de l’été. Pour vendre des billets, il faut garder le chaland alerte, par tous les moyens.


La stratégie commerciale n’a pas une grande subtilité. Elle permet toutefois de s’exposer, en deux épisodes (suite mercredi prochain), au monde hautement décalé érigé par ce comique hors norme à la chevelure qui défie la gravité et au goût prononcé pour les voyages dans le surréel, dans les contradictions, dans les dédoublements de personnalité, dans les confidences un peu gênantes, dans les déséquilibres...


Monté avec la complicité de Pierre Bernard et Michel Ledoux à la mise en scène - une mise en scène bicéphale pour un spectacle multicéphale, il fallait y penser! -, ce spectacle, avec ces incursions dans le monde de la psychothérapie, de l’angoisse, de l’agoraphobie et de l’indécision, a tout ce qu’il faut pour bien cerner la proposition de cet artiste, et ce, en prévision de son deuxième spectacle en solo, baptisé Être, qu’André Sauvé va livrer en première cet été, dans le cadre de Juste pour rire justement. Il n’y a pas de hasard.

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