À voir le mardi 9 avril - Un futur blanc et cauchemardesque

THX 1138 est le tout premier film d’un jeune homme qui venait de sortir de l’université, George Lucas. En 1967, il avait repris le scénario de deux de ses camarades de promotion pour faire un court-métrage de 15 minutes qui avait remporté le prix de fin d’année. En 1971, il tournait son premier film à partir du même scénario pour moins de 800000$.

Comme coup d’envoi, ce film est d’une exceptionnelle richesse et est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes oeuvres de science-fiction, où l’on peut voir aussi l’influence du roman 1984 de George Orwell.

Dans une société du futur, les hommes vivent sous terre dans de grands espaces blancs, sans aspérités, vêtus de blanc, drogués en permanence, travaillant à la chaîne sous l’oeil de robots policiers, surveillés et contrôlés jour et nuit. Leurs noms, ce sont des numéros.

L’un d’eux, THX 1138 (Robert Duvall), com- mence à se révolter et cherche à obtenir plus de «sensations» prohibées avec sa compagne LUH 3417, ce qui mène à son emprisonnement. Le film n’est pas très éloigné du cinéma expérimental, mais la mise en scène est remarquable: grands espaces blancs et oppressants, sonorités métalliques qui donnent l’illusion d’un monde technocratique abstrait, dialogues froids des surveillants qui accentuent la déshumanisation du système dans lequel ces hommes évoluent.

Deux ans plus tard, Lucas découvrait le plaisir du succès commercial avec American Graffiti. Et six ans après THX 1138, il fusionnait son sens de l’expérimentation et son sens commercial dans Star Wars. Le reste appartient à l’histoire.

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