À voir le lundi 8 avril - Astronautes contre robonautes

Quelques dizaines, peut-être quelques centaines d’astronautes, de cosmonautes, de spationautes, de taïkonautes s’entraînent dans les agences spécialisées du monde. Plusieurs d’entre eux iront vers les étoiles, réaliseront leur rêve, serviront la recherche et la gloire des nations. Un homme a fait un petit pas sur la Lune, mais est-ce vraiment nécessaire que l’humanité fasse de nouveau un pas dans le silence de ces espaces infinis qui effrayaient tant Pascal?

La mission vers Mars obsède depuis quatre décennies. Le retard pris à réaliser cette mission s’explique en partie par la tâche surhumaine qui imposerait de vivre des mois, voire des années dans une pièce grande comme le salon d’un condo du centre-ville. En plus, le séjour dans l’espace brise les corps, et les esprits peut-être.

La solution ne se trouve-t-elle pas plutôt dans le remplacement des humains par des robots? demande ce travail d’enquête et de critique qui voyage de Moscou à Houston, de Cologne à Paris et à Washington.

En fait, c’est déjà le cas: les sondes de l’humanité envoient des images et des résultats d’analyses exceptionnels. Le documentaire rappelle d’ailleurs que les sondes soviétiques ont aussi rapporté des roches de la Lune, à un centième du coût des pharaoniques missions américaines Apollo. Même le télescope Hubble aurait pu tout simplement être remplacé à moindres frais au lieu d’être réparé par des astromécanos. En plus, à bord de la station spatiale, l’astronaute passe le plus clair de son temps à réparer son habitacle, quand il ne doit pas prendre soin des touristes de l’espace comme notre cher Guy Laliberté.

Un directeur d’agence décrit cette pratique comme «quelque chose d’abject, de vraiment infect». Les astronautes, en bons corporatistes, dénigrent le travail des robonautes. En attendant, ils restent au coeur du système très dispendieux. N’empêche, la leçon du documentaire semble imparable: l’humain n’est pas adapté à la longue exploration de l’espace et il ne peut rivaliser avec les machines qui poursuivront maintenant le travail tandis que les astronautes, les spationautes et les taïkonautes se contenteront de sorties rapprochées, à quelques centaines de kilomètres de notre bonne vieille Terre.

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