À voir le dimanche 7 avril - Anatomie des Égéries modernes du «girl power»

Elle a beau être établie depuis une dizaine d’années et être la ligue féminine la plus prospère au Canada, la communauté de roller derby de Montréal est encore une sorte de société en marge suivie par d’irréductibles fans.

Les filles jouent à l’aréna Saint-Louis dans leur camp de base, le Mile-End, quar- tier qu’elles ont même teinté du sport de contact qu’elles chérissent. «Georgia W. Tush» a ouvert leur boutique d’équipement, Neon Skates, tandis que Val Desjardins, alias Smack Daddy, a déployé le Royal Phoenix, où s’arrosent les après-matchs - il est vite devenu le débit de boisson le plus électrique de la rue Bernard.

C’est sur cette toile de fond que le documentaire Roller Derby Montréal ausculte la ligue montréalaise et découvre une communauté tissée serré de jeunes trentenaires hétérogènes, aux corps aussi variés que leur statut (maman, médecin, étudiante), des filles fortes et des égéries modernes du «girl power».

Car le roller derby a bien évolué depuis les années 1930. Après avoir soulevé les gradins avec ses allures de catch et s’être perdu dans la brume post-seventies, le derby a été réanimé par les Texanes d’Austin à coups d’épaule dans les flancs.

Dans la métropole, au début du millénaire, flottait encore son parfum punk et rockabilly, alors qu’aujour- d’hui, bien que le roller derby soit le divertissement sportif le plus ludique de la cité, on constate tout le sérieux avec lequel ces joueuses enfilent leurs patins à roulettes. Elles s’entraînent avec assiduité, réservent les shooters pour l’après-match plutôt qu’entre les pauses, et commencent même à laisser tomber le short à dorures «ras la minette» pour des vêtements de sport d’élite.

Les soirs de jeu, les 800 places des estrades trouvent preneurs, chauffées par le vivifiant animateur Plastik Patrik - qui a traduit tous les termes du sport 100% american. La faune disparate carbure à la Pabst Blue Ribbon pendant que la progéniture de tout ce beau monde s’éclate au jus de fruits. Bien qu’un brin longuet et répétitif, le documentaire tâte tous les aspects de l’anatomie du sport (les règles, les noms, la foule, les blessures, l’histoire) à travers les témoignages des filles de la ligue. Ces fougueuses bloqueuses frappent fort et rassemblent, même dans l’adversité.

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