À voir le jeudi 21 mars - Zen, crimes et Rome

La télé contemporaine est parfois réjouissante. Seulement, cette excellente télé, surtout en fiction, est le plus souvent américaine. Et les Américains, on a beau dire, ils ont plutôt l’habitude de se regarder le nombril, et même de s’y lover dans la petite mousse égocentrique.


Les Britanniques donnent aussi beaucoup de productions originales exemplaires. Très bien et merci. Seulement, à la longue, tout ça finit un peu par tourner en rond autour du même giron socioculturel.


D’où l’intérêt des séries comme Borgen, campée au Danemark. On aimerait en voir bien d’autres du genre, s’il s’en trouve, japonaises, israéliennes ou allemandes, peu importe. Après tout, la mondialisation positive pourrait avoir des effets bénéfiques jusque-là.


La série Zen exauce le souhait à moitié. Campée dans la Rome actuelle, elle raconte les tribulations professionnelles et amoureuses du commissaire Aurelio Zen, personnage central des romans de Michael Dibdin.


C’est la moitié voyageuse souhaitée. Par contre, la coproduction américano-italo-allemande est tournée en anglais, ce qui réduit un peu la perspective exotique. L’Anglais Rufus Sewell incarne le héros, tandis que l’Italienne Caterina Murino lui donne la réplique.


L’intrigue de la première mouture de ce soir est franchement captivante. Les fils narratifs s’entrecroisent et les dilemmes porteurs ne manquent pas. En plus, la série sert sans en abuser les clichés attendus: tous les protagonistes abusent de cigarettes, d’espresso et de vêtements parfaitement coupés; la corruption politique et industrielle règne partout; le héros de 40 ans, fraîchement divorcé, habite chez sa mère; la secrétaire (Mme Murino) qui lui fait de l’oeil tout en l’aidant dans ses enquêtes pourrait faire défroquer, sinon un pape, du moins des cardinaux à la douzaine.


La production de haute tenue a attiré des critiques de circonstance en Angleterre. Le collègue du Mail on Sunday l’a décrite comme «impérieuse, stylisée et intelligente». Le Sunday Telegraph l’a même encensée comme «série policière de l’année», et on ne peut pas dire que les Anglais ne s’y connaissent pas en la matière.


Malheureusement, le nouveau patron de la BBC One qui diffusait la série Zen a décidé de ne pas poursuivre l’aventure après une première saison en 2011.


Le «controler» de la chaîne a expliqué qu’il y avait déjà trop de mâles batailleurs à l’écran...

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