À voir le mercredi 20 mars - Le charme désuet de la bourgeoisie

Histoire d’avoir toute sa famille et ses proches autour d’elle, la richissime Camilla Tressilian reçoit dans son manoir de la Pointe-aux-Mouettes. Débarquent ainsi les beaux et les nantis, certaines de leurs accointances aussi. D’anciens et de nouveaux conjoints se rencontrent, de vieilles et de nouvelles tensions remontent à la surface.


La maîtresse de céans est âgée. Bientôt, elle mourra. Qui héritera alors? Il fait nuit, la maison est calme. Au matin, Camilla Tressilian est retrouvée dans son lit, le crâne fracassé. L’heure zéro a sonné.


Issu du théâtre, non seulement le cinéaste français Pascal Thomas (La dilettante) n’a jamais renié ses origines en venant au cinéma, mais il s’est à l’inverse appliqué à les mettre en évidence de différentes façons. Le plus souvent, par exemple, il offre les rôles secondaires dans ses films à des professionnels des planches peu connus des cinéphiles. Ou encore, il dirige ses comédiens de telle sorte que leur jeu suggère une distance par rapport à la réalité telle qu’on la conçoit.


Dans la trilogie des époux Beresford (Mon petit doigt ma dit, Le crime est notre affaire, Associés contre le crime) tirée des romans d’Agatha Christie et qui met en vedette Catherine Frot et André Dussolier, le registre adopté n’aurait pas déplu à Ionesco.


Réalisé immédiatement après Mon petit doigt m’a dit, le film L’heure zéro est lui aussi basé sur un roman de la reine du crime. Peut-être parce que pour une rare fois Pascal Thomas a renoncé (ou presque) aux acteurs de théâtre dans les rôles de second plan et que ceux se trouvant au premier ne semblent pas toujours savoir sur quel registre danser la proposition s’avère moins savoureuse.


Pour qui aime le genre, et surtout l’approche surannée et volontairement décalée privilégiée par le cinéaste, il y a quand même beaucoup à apprécier dans ce drame policier drolatique, à commencer par le décor typé à souhait, les costumes, la direction photo... Certes, il ne s’agit que de considérations plastiques, mais quitte à adapter une intrigue désuète, autant s’attarder à l’enrobage.

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