À voir le mardi 19 mars - Marilyn, femme fatale

Les chutes du Niagara demeurent l’une des destinations les plus prisées par les amoureux qui viennent de convoler. En effet, le site constitue sans doute l’endroit le plus immédiatement associable à l’idée de lune de miel. Puissantes et majestueuses, les chutes sont donc synonyme de romantisme en plus de suggérer la beauté et la force de l’union matrimoniale. En y campant l’intrigue de son film noir Niagara, histoire d’une femme qui fomente le meurtre de son mari, le producteur et scénariste Charles Brackett joua d’ironie.


L’intérêt de ce long-métrage paru en 1953, alors que les classiques du genre se trouvaient déjà derrière celui-ci, ne réside cependant pas tant dans le décor (quoique) que dans la distribution des rôles.


Alors une starlette dans l’expectative, Marilyn Monroe connut grâce à Niagara un premier gros succès commercial avec son nom en tête d’affiche. Son image définitive fut en outre consolidée dans ce même film.


Scénariste habile, Charles Brackett (Boulevard du crépuscule, quand même!) s’amuse à des jeux de miroirs déformants. Ainsi rencontre-t-on le couple Cutler, des gens très comme il faut issus de l’Amérique proprette de l’après-guerre: maman élèvera de beaux enfants et papa aura raison. Ils sont venus à Niagara Falls passer une lune de miel maintes fois reportée. Or voilà que leur cabine est occupée par le couple Loomis, des gens moins comme il faut: il a eu des ennuis de santé (mentale) après la guerre, elle est plus jeune que lui; il est jaloux, elle est sexy.


Après avoir établi ce contraste, Brackett multiplie les retournements à loisir. Dans le rôle des Cutler, Max Showalter et Jean Peters sont très oubliables, mais dans celui des époux Loomis, Joseph Cotten (Le troisième homme, L’ombre d’un doute) et Marilyn Monroe (Certains l’aiment chaud) font leur marque. Encore une fois, c’est la présence de cette dernière qui fait la différence. Il ne s’agit pas de sa meilleure interprétation, mais elle dégage ici une sensualité brûlante qui ne se manifesta jamais par la suite avec la même puissance d’évocation. Au final, Niagara n’est jamais terriblement convaincant, mais toujours divertissant.


À voir en vidéo