À voir le dimanche 17 mars - Bonne nuit, bons rêves, pas de puces, pas de punaises

Que ce soit dans l’imagination fertile de Leblanc, père d’Arsène Lupin, ou dans la chanson interprétée par Dutronc, le cambrioleur galant «vient chez vous la nuit sans déranger votre sommeil».


On ne sait pas d’entrée de jeu ce qui a retenu l’attention des producteurs de ce documentaire pour présenter ainsi le spécialiste en gestion parasitaire Harold Leavy, mais, chose certaine, ses démarches altruistes pour débarrasser les petites gens des envahisseurs de toutes sortes font de lui un véritable bon Dieu dans la ruelle et les appartements, qu’il bénit à coup d’insecticides.


Et il y a de quoi. La vermine grouille à Montréal et elle a fait un retour en force dans la dernière décennie, comme vous l’avez lu dans nos pages. Elle dérange riches ou pauvres durant leur sommeil. Le documentaire s’ouvre d’ailleurs sur des scènes immondes de punaises de lit remontant les replis des matelas pour venir vampiriser ses pauvres victimes ravies depuis des heures par les bras de Morphée.


C’est là le berceau de tous leurs cauchemars. Si l’effet de ces parasites sur la santé psychologique de leurs proies était à démontrer, quelques scènes de ce film suffiraient pour convaincre. On suit M. Jetté, qui ne peut aller voir sa femme invalide placée dans un centre d’accueil parce qu’il est infesté de punaises. Touchant, Harold Leavy l’accompagne sans dégoût dans les efforts intenses qu’il doit consentir pour rendre son appartement de nouveau vivable.


Ce qu’on apprend davantage ici, c’est que la finesse sans prétention d’Harold joue un rôle important. Honteuses, les victimes se taisent si longtemps que la situation s’est répandue et devient invivable. Souvent, Harold ou ses homologues ne seront jamais appelés à l’aide. Les matelas joncheront les rues de la ville au lendemain des 1er juillet qui déchantent.


Le voilà, prévenant, qui parcourt nos rues pour trouver les meubles infestés. La patience et la compassion de Leary sont exemplaires. Grâce à l’observation des insectes, selon lui: «Chaque personne, chaque être, a sa place dans le monde, sert à quelque chose», dit-il, philosophe, aux côtés de Ti-Wi, un itinérant qu’il a pris en affection il y a 30 ans. Ce gentleman exterminateur, à n’en point douter, «gagne les coeurs».

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