À voir le samedi 16 mars - Un exemple de courage

La dysplasie craniodiaphysaire est une maladie rarissime, une sclérose osseuse qui entraîne une calcification graduelle du crâne se traduisant par une déformation marquée du visage et de la tête.


De violentes migraines accompagnent la calcification. Il n’existe aucun traitement. L’espérance de vie ne dépasse habituellement pas l’enfance. Roy Dennis, dit «Rocky», en était atteint.


Auteur du classique La dernière séance, l’une des oeuvres phares du Nouvel Hollywood, et de nombreuses comédies qui cherchaient à évoquer son âge d’or (On s’fait la valise, docteur?, Nickelodeon), Peter Bogdanovich n’était pas le premier réalisateur à qui l’on aurait pu penser pour réaliser un film basé sur l’histoire de Rocky Dennis. Et pourtant.


Californie, 1979. Rocky vit avec sa mère Rusty dans un environnement qu’on pourrait qualifier de «white trash». Membre d’une fratrie de motards, Rusty multiplie les conquêtes, boit, fume du pot et consomme beaucoup trop de pilules. Mais elle aime son fils et le couve comme une lionne. Dans leur petit monde, personne ne fait de cas de la difformité de Rocky.


Inscrit dans une nouvelle école, cet adolescent sensible et brillant fait face à la musique, mais parvient à gagner l’amitié et le respect de ses pairs. Embauché comme moniteur dans un camp pour aveugles, il rencontre la belle Diana. Elle ne peut le voir avec ses yeux, mais avec ses doigts, si. Et elle aussi se fiche de son apparence. Les parents de Diana, moins.


Sorti en 1985, Mask profite de la présence derrière la caméra, outre d’un vrai cinéaste, du grand directeur photo Lazlo Kovacs, qui retrouve le monde des motards de ses débuts (Hells Angels on Wheels, Easy Rider).


Mais c’est véritablement devant la caméra que la magie se produit: Eric Stoltz (Rocky) et Cher (Rusty) sont tous les deux formidables, surtout cette dernière. Alors actrice caméléon appréciée en serveuse triste dans Reviens Jimmy Dean, reviens de Robert Altman, puis en employée d’usine lesbienne dans Le mystère Silkwood de Mike Nichols, Cher décrocha le prix d’interprétation féminine à Cannes pour sa composition écorchée dans Mask. Préparez vos mouchoirs.

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