À voir le lundi 18 février - En attendant les Oscar

Un grand salon décoré à la mode d’autrefois. Quelques notes douces... Assis au piano, un vieil homme annote sa partition. Il s’appelle Henry. Cette vaste demeure est la sienne. Il la partage avec son épouse Maria, une violoniste rencontrée durant le Seconde Guerre mondiale, de qui il est encore très épris. Mais dans la maison, des ombres guettent. Sortis de nulle part, des inconnus veulent séparer Henry de Maria. Pourquoi lui parlent-ils comme à un enfant? Et pourquoi Henry voit-il le passé s’immiscer dans le présent? Et pourquoi, encore, croit-il reconnaître cette femme en noir dont il ne se souvient pas?


On a tous assisté, émus, à l’annonce que le court-métrage Henry concourait dans cette catégorie lors de la prochaine cérémonie des Oscar. Filmé dans les coulisses de son émission de radio, le jeune réalisateur (et scénariste et producteur), comédien et animateur Yan England n’a pu contenir des larmes de stupéfaction et de joie. Un moment fort touchant pour une oeuvre qui l’est tout autant.


Il est ici évidemment question de la maladie d’Alzheimer, que l’on n’a pas besoin de nommer dans le film tant ses ravages sont reconnaissables.


En cela, Henry ne manque pas de convoquer le souvenir récent du très beau Loin d’elle de Sarah Polley, une autre ancienne enfant acteur, tiens donc. Et précisons-le, le court-métrage du premier soutient parfaitement la comparaison avec le long de la seconde.


En effet, rarement les tourments liés au vieillissement auront-ils été traités avec une telle sensibilité, une telle sollicitude. Du coup, on n’est pas surpris d’apprendre que l’auteur s’est inspiré de son propre grand-père, un officier de l’Intelligence britannique durant la Seconde Guerre mondiale, pour créer le personnage d’Henry. Dans le rôle-titre, Gérard Poirier est d’ailleurs bouleversant. Et quel plaisir que de le voir donner la réplique à la merveilleuse Marie Tifo 25 ans après la fin du Parc des braves.


On souhaite la meilleure des chances à Yan England, mais, quoi qu’il advienne le soir des Oscar, on lui prédit d’ores et déjà une belle carrière derrière la caméra.

À voir en vidéo