Occupation triple

La formule bien connue consiste à transposer le jeu des courtisans à la ferme. Il en existe plus de 20 versions à travers le monde. La première mouture québécoise diffusée par V rassemblait cinq jeunes agriculteurs et des trios de prétendantes. Elle a attiré jusqu’à 700 000 téléspectateurs par semaine.

La nouvelle saison, qui débute le jeudi 14 février à 20 h, suit trois beaux fermiers et deux belles fermières qui reçoivent neuf hommes et six femmes âgés de 21 à 31 ans, dans l’espoir que l’amour soit dans la TV, évidemment. Deux couples formés à la première saison résistent et auront leurs premiers enfants dans quelques semaines.

L’amour est dans le pré reproduit et transpose le canevas de toute émission Cupidon, de la sélection à l’élimination des candidats, avec des scènes de groupe, des moments d’intimité, des escapades en vacances, etc. Sauf qu’une balade en tracteur remplace la promenade à la plage. Sauf qu’au lieu de s’ennuyer au bord de la piscine, les candidats pellettent de la bouse.

Au deuxième épisode de la nouvelle saison, un fermier et une soupirante des foins se retrouvent dans un bassin de rivière qui remplace donc ici le jacuzzi d’Occupation double ou de Loft Story. En revenant de l’escapade, le couple s’arrête au bord du chemin pour s’embrasser. Rien ne se perd et tout se transforme.

Tout le charme tient à l’authenticité des participants comme du contexte dans lequel ils évoluent. On pourrait dire que tout tient à la réalité dans cette téléréalité, si la caméra ne modifiait pas nécessairement ce qu’elle observe et capte, au moins un peu, même malgré elle. La présence des parents-paysans change aussi la donne. Mettons qu’on ne compte pas fleurette de la même manière avec maman et papa derrière l’épaule.

Les dialogues improvisés ajoutent au charme. « Je joue de la harpe », avertit une des filles en découvrant son fiancé potentiel qui lui réplique : « Ça se déménage-tu dans une boîte de pick-up ? » Après qu’une autre eut été invitée à gambiller dans l’étable, elle confie tout de go qu’elle n’avait « jamais dansé entre deux rangées de vaches ».

La popularité du genre s’explique certainement en partie par du voyeurisme, mais aussi parce qu’un petit tiers (30 %) des ménages québécois ne compte qu’une seule personne, par choix ou par nécessité, parfois à la suite d’une séparation.

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