À voir le vendredi 1er février - La science du divin

Lors de la plus récente cérémonie des Golden Globes où elle a reçu le Cecil B. DeMille Award récompensant l’ensemble de sa carrière, l’actrice et réalisatrice Jodie Foster y est allée d’un discours drôle, critique, sincère, et ultimement fort émouvant. Surtout, elle a fait montre de ce bel esprit qui la caractérise et qui transpire de chacun de ses choix professionnels. Car même lorsqu’elle opte pour une grosse production hollywoodienne, cette gagnante de deux Oscar trouve le moyen de briller tout en conférant un supplément d’âme, de classe et d’intelligence à l’entreprise.

 

C’est notamment le cas avec le film Contact, une superproduction de science-fiction signée Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Vol).

 

Encouragée dès son plus jeune âge par son père à suivre son instinct et à cultiver sa passion scientifique, la docteure Ellie Arroway scrute les cieux et écoute des signaux radio dans l’espoir d’y déceler une trace d’intelligence extraterrestre. Ce qui survient, éventuellement, après maintes tribulations. Favorite pour s’envoler dans la capsule qui ira faire coucou à d’éventuels voisins cosmiques, Ellie se retrouve sur la voie de garage après l’intervention du philosophe chrétien Palmer Joss (Matthew McConaughey, ici plus mannequin qu’autre chose), qui argue avec succès que l’athéisme de la docteure Arroway la place en porte à faux avec le reste de l’humanité, qui souscrit à une foi ou une autre. Rappelons que l’histoire met en scène des Américains dont les dollars sont surmontés de la mention «In God we trust».

 

Or l’intérêt inattendu de Contact, hormis l’interprétation typiquement fine et juste de Foster, réside dans deux aspects inhabituels pour une production hollywoodienne. Primo, la rhétorique religieuse de Joss se voit invalidée puisque, contrairement à lui, Ellie est capable de se libérer de ses dogmes. Elle est capable d’une ouverture d’esprit supérieure qui lui permet d’aborder la question de la vie extraterrestre sans a priori handicapants. Secundo, et il s’agit d’une ironie confinant presque au principe de l’arroseur arrosé, au final, il se pourrait bien que, pour peu qu’Il existe, Dieu soit un extraterrestre.

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