Sur un câble près de chez vous

Normand Thériault Collaboration spéciale
Produite par l’actrice américaine Sarah Jessica Parker, Les règles de l’art montre en action quatorze jeunes artistes devant relever des défis créatifs de toutes sortes. Sur les ondes d’ARTV.
Photo: Art Produite par l’actrice américaine Sarah Jessica Parker, Les règles de l’art montre en action quatorze jeunes artistes devant relever des défis créatifs de toutes sortes. Sur les ondes d’ARTV.

Ce texte fait partie du cahier spécial Télévision hiver 2013

Il y a de tout. Du sport, de la culture, des documentaires, des films, des reportages, de la météo, de la musique. Et même de bonnes vieilles séries plus ou moins dramatiques, de celles qu’écoutaient les parents d’un Jean Dion, « du temps qu’il était jeune ». Où ça ? Sur un téléviseur près de chez vous, au bout de son câble.


Il y a eu une préhistoire de la télévision, celle des « oreilles de lapin », quand il fallait se lever pour tourner la roulette de 12 chiffres, sans 0 ni 1, afin de passer, à Montréal, du 2 ou 6 et plus tard, ô abondance !, jusqu’au 10 et au 12. À nous Radio-Canada, la CBC puis, enfin, Télé-Métropole et CFCF.


Puis vint une première révolution : une petite boîte à « pitons », un sélecteur devenu nécessaire car il y avait multiplication des chaînes maintenant que le câble entrait dans nos maisons. Aujourd’hui, Vidéotron, pour ne nommer que celle-là au Québec, est devenue une entreprise milliardaire.


Du choix en tout et pour tous


Le câble a transformé l’univers télévisuel en une vaste mosaïque. Qui se paie tous les mois la programmation complète que les chaînes proposent pourra faire de ses soirées d’interminables séances de balayage juste pour repérer le contenu des divers programmes offerts. Car si Évasion met à l’horaire Ouisurf, qui nous dit qu’on verra ce jour-là des images de l’Inde ou de l’Amérique latine ? Et il ne suffit pas de savoir que Canal D offre de grands reportages le dimanche pour deviner quel en sera le sujet une semaine donnée.


Et ainsi de suite dans tous les domaines. En effet, même les télévisions généralistes ont leurs chaînes spécialisées. Ainsi, la SRC, a déjà ses Explora, ARTV et RDI. Demain, se prend à souhaiter la haute direction, ce sera un autre « canal » consacré cette fois au monde du sport (et ce, après RDS, Sportsnet, GolTV, TSN, TVA sports et autres chaînes de NFL, Golf Channel, et quoi encore…).


Nous vivons à l’ère du « pitonnage ». Et avec l’arrivée de la haute définition, tout cela s’opère sans devoir sacrifier la qualité de l’image reçue et vue.


Résultat : il devient difficile de « fidéliser » les auditoires, voire de le constituer. Aussi voit-on les gens de MAtv comme ceux d’Explora se féliciter d’obtenir à un moment donné une cote d’écoute qui s’établit à 1 ou 2 % de l’auditoire total. Dans un tel monde, les grilles horaires ne peuvent que vivre changements, chambardements et chamboulements.

 

Un bémol


L’offre est abondante, certes, mais à quel prix ? Car il ne faut pas oublier que l’univers canadien des télécommunications, le CRTC étant permissif, est un monde de gros sous : pour les entreprises surtout, mais aussi pour qui le fréquente.


Rien en ce pays n’est donné, et qui reçoit Internet, téléphonie, câble, sans compter le dernier « gadget » devenu lui aussi indispensable, à savoir la téléphonie mobile, devra verser chaque mois une somme avoisinant celle de sa location automobile. Aussi regarde-t-il alors du côté européen, où, pour 30 euros (soit 40 $), les mêmes services sont accessibles (sans Canal+ ni chaînes sportives ou films, toutefois).


Et dire que nous traversons en ce moment une époque de transition : sur votre écran bientôt, pour le grand nombre, l’Internet s’affichera, et ce ne sera qu’un début dans un univers où le virtuel prime souvent la réalité (un petit Loft Story avec ça ?).


Mais, pour l’instant, à votre Agenda ! Et à vous de choisir : il n’y a pas que la télévision généraliste qui vous est accessible. Loin de là !

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