À voir le jeudi 10 janvier - Filature historique

1982, Sibérie. Une gigantesque explosion réduit à néant un gazoduc soviétique reliant l’Europe de l’Ouest au territoire de l’URSS. C’est sur cette image frappante que s’ouvre le documentaire Bon baiser du Canada, présenté aujourd’hui à la Zone doc de Radio-Canada. Bilan catastrophique pour ce colosse aux pieds d'argile qui voit un important élément de son économie de l’époque partir en fumée. Le méfait est placé, ne manque plus que le coupable pour que l’intrigue soit bien ficelée. Voilà ce à quoi s’attellent les journalistes Vincent Frigon et Yves Bernard tout au long du documentaire.


Réalisé en 2011 par la société indépendante de production documentaire Telimagin, Bon baiser du Canada plonge rapidement le spectateur dans l’univers rocambolesque d’une Guerre froide surréelle. Au menu, espionnage soviétique en terre canadienne et partenariat tactique entre la CIA et une entreprise informatique de Calgary. L’équipe du documentaire mène son enquête avec doigté, la poussant jusqu’aux confins glacés de la Russie en passant par les Prairies du Canada.


Si, de prime abord, le sujet accroche, la réalisation, surchargée, refroidit vite. Le côté dramatique omniprésent est alourdi par un visuel qui se veut sans cesse un rappel de l’enquête menée par les deux journalistes. Si certains seront séduits par la formule adoptée, on y perd tout de même de précieux renseignements, le contenant primant le contenu. N’empêche, les journalistes arrivent tout de même à mettre en lumière «l’une des plus grandes opérations de sabotage de la Guerre froide».


Et pour ceux qui souhaiteront étirer l’expérience militaire, la télévision d'État présente demain la première partie de son doublé sur le terrorisme à 21 h. L’équipe derrière la série Amour, haine et propagande récidive, mais en s’attaquant, cette fois, à l’ennemi invisible du XXIe siècle. Mine d’or informative pour le néophyte, mais encore une fois le côté dramatique rompt le charme. On aurait pu ici se contenter de livrer l’information, cette dernière portant à elle seule son lot de larmes et de sang. Tout de même, le spectateur a de quoi rêver de missiles et de boutons d’urgence pendant quelques jours.

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