À voir le dimanche 23 décembre - Un téléfilm grand luxe

La monarchie anglaise a fait l’objet d’un nombre incalculable de drames historiques et biographiques d’une rigueur factuelle variable, mais disposant généralement de moyens appréciables. On le sait, les coulisses royales regorgent d’intrigues et de scandales qu’on ne demande pas mieux que de voir étalés sur le grand ou le petit écran.

À ce chapitre, l’auguste BBC a produit nombre de téléfilms somptueux. Issu du cinéma, Victoria: les jeunes années d’une reine se rapproche d’ailleurs davantage de ces derniers, non pas à cause de sa mise en scène, raffinée sans être ostentatoire, mais de son scénario trop classique dans ses enjeux, trop limité dans sa géographie et, surtout, trop sage dans sa forme, dans la mesure où il est censé relater la vie d’une jeune femme indépendante d’esprit. Bref, on est loin de l’Elizabeth de Shekhar Kapur.
 

Qu’on ne se méprenne pas: c’est avec plaisir que l’on découvre ces «jeunes années» de la future reine Victoria, sa romance épistolaire avec le prince Albert et les machinations ourdies contre elle. En quête d’émancipation, mais consciente de ses obligations, Victoria peine à trouver ses repères. D’abord intéressé, Albert deviendra un allié sincère par-delà les frontières qui les séparent.  
 

Chapeau au cinéaste québécois Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.), qui a vraiment réussi à faire lever ce récit dénué de surprises aux accents parfois mièvres. En somme, il s’agit d’une histoire qu’on prend plaisir à regarder évoluer bien qu’elle ne réserve aucun retournement inattendu. C’est la définition même de la «bouffe confort» faite cinéma. Et mine de rien, il faut un certain doigté pour apprêter ce genre de films là, qui plus est lorsqu’on doit suivre une recette dictée par quelqu’un d’autre. En cela, Jean-Marc Vallée fait ici une belle démonstration de polyvalence. Après le personnel et autrement ambitieux Café de Flore, son passage à Hollywood (Dallas Buyers Club) promet de se dérouler sans heurts à la lumière du travail accompli sur la jolie commande que fut Victoria: les jeunes années d’une reine.