Télévision à la une - Les tops et les flops

En cette fin d’année où la télévision offre surtout du «réchauffé» et du cinéma, la toute petite équipe «télévision» du Devoir a pensé vous offrir un bilan partiel et partial des nouvelles fictions télévisuelles québécoises de 2012: les réussites, les succès d’estime et les échecs.

Succès total!


Apparences

Après son entrée fracassante en télé avec Aveux, le dramaturge Serge Boucher en a remis une superbe couche avec Apparences. Le rythme plus lent a permis de dévoiler patiemment cette histoire complexe et tordue de deux sœurs jumelles, l’une lumineuse, l’autre pas, sur fond d’enquête policière. Un grand bijou qui a stimulé l’affection populaire, les prix et le goût pour encore plus de télé d’ici de cette qualité-là.

 

Unité 9 et O’

Réinventer le téléroman: voilà tout un défi en ces temps de budgets de plus en plus faméliques pour faire plus et mieux. Pourtant, ces deux nouveautés, présentées au même moment à des chaînes concurrentes ont su à tout le moins renouveler ce genre victime du temps, qui l’a rendu beige et dépassé. Dans le premier cas, de façon éclatante en présentant aux téléspectateurs l’univers carcéral féminin et en offrant sur un plateau d’argent des rôles en or à tout un lot d’actrices de différentes générations. Dans le deuxième cas, en illustrant la «misère des riches» autrement qu’avec les clichés habituels, en construisant une famille crédible, cruelle mais attachante.

 

Un sur 2 

À voir l’affiche et le thème, on pouvait deviner que ce serait un succès: deux vedettes adorées du public et de la critique (Céline Bonnier et Claude Legault), la réconciliation d’un couple sur le mode de la comédie romantique douce-amère. Le résultat s’est révélé à la hauteur des espérances grâce des dialogues inspirés, justes et souvent très drôles et une galerie de personnages qui le sont tout autant. Il faudra toutefois attendre septembre pour regarder la suite. 

 

Succès d’estime

Les bobos

Les critiques ont franchement adoré ce qu’on leur a montré au visionnement de presse. En plus, la production semblait caricaturer la moitié des chroniqueurs télé et bénéficiait d’une surprime d’amour pour les comédiens Anne Dorval et Marc Labrèche. À la longue, la recette a fatigué non pas parce qu’elle passe et repasse dans les mêmes ornières vaudevillesques et branchouillardes, mais parce qu’elle les sert en trop gros bouquet. Il faudrait peut-être revoir la formule, opter pour de courtes capsules, peut-être même diffusées uniquement sur le Web. Bref, ce bon message a mal choisi son médium. Il restait tout de même 100 000 fidèles aux dernières diffusions, ce qui semble encore appréciable pour TQ.

 

En thérapie

C’est une adaptation d’une adaptation, une série israélienne, devenue une magnifique production américaine, qui a donné une très prometteuse version québécoise, avec des textes forts portés par des comédiens à la hauteur. Les connaisseurs ont comparé les reprises, gratté pour trouver quelques mini-irritants. Que des détails. À l’usage, la formule qui avait fait ses preuves ailleurs, soit une séance thérapeutique par jour en surcharge d’émotion, a peut-être desservi ici, en plus à une heure de diffusion assez tardive. La chaîne Séries+ prend le relais l’hiver prochain en modifiant un peu la proposition et la production mérite parfaitement cette deuxième vie.

 

Tu m’aimes-tu?

Voilà une série qu’on aurait aimé voir trôner au sommet du palmarès des cotes d’écoute... et qui n’a finalement pas réussi à trouver son public. Le rythme lent de cette superbe comédie romantique douce-amère sur l’amour sous toutes ses formes et ses deuils semble avoir joué pour beaucoup dans cet échec «public». Pourtant, il nous semble que le scénario de Frédéric Blanchette et Steve Laplante, mais surtout la réalisation aérienne et léchée de Podz, valait franchement le détour. 

 

Vertige

Ils étaient nombreux, les «téléphages» qui n’avaient pas entendu parler de ce thriller psychologique familial présenté sur Séries+ avant qu’il ne soit primé pour la qualité de ses textes lors du dernier gala des Gémeaux. Pourtant, la seule production originale de la chaîne spécialisée a été rediffusée plus d’une fois (vous pouvez d’ailleurs attraper le dernier épisode cette fin de semaine). Cette histoire pas nette d’un accident déguisé en tentative de suicide, portée par une distribution exceptionnelle, mérite d’être écoutée avec attention, idéalement en rafale un jour de tempête.

 

Insuccès complet

Adam & Ève

L’échec de cette série est d’autant plus affligeant que son créateur, Claude Meunier, a donné à la télé le mégasuccès de La petite vie. Les blagues vivotaient au sous-sol, les comédiens semblaient regretter d’y être et, surtout, surtout, la série donnait du couple persistant et de la vieillesse une image pathétique. Comme si la famille de Popa et Môman, en s’incarnant dans la téléréalité, avait troqué l’absurde pour le cynisme, la bédé pour le cliché. Le moule est cassé, le charme rompu, adieu, triste et banale comédie, plus rien ne va!

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 23 décembre 2012 08 h 16

    Absent au bataillon

    Comme je ne regarde plus la télé généraliste (avis aux publicitaires), je n'ai aucune idée de ce que sont ces séries télévisées.
    Est-ce que cela me manque? Pan toute.