À voir le mercredi 19 décembre - Minounes de mon cœur

Ils tirent leur surnom de la forme en amande que les voitures américaines avaient prise à partir des années 40 et qu’elles ont gardée à Cuba en raison du blocus commercial imposé par les États-Unis après la révolution castriste de 1959. Devenus, avec le temps, tout aussi bien objets de curiosité touristique que de fierté nationale, les quelque 60 000 almendrons que compterait toujours l’île ne roulent encore qu’à force d’amour, de patience et d’ingéniosité de la part de leurs propriétaires.
 
Réalisé par des Européens, le documentaire présenté ce soir à RDI a bien quelques défauts. L’exercice souffre de quelques longueurs, la caméra fait parfois amateur, et le ton de la narratrice est un peu agaçant, mais même les Québécois qui en sont à leur énième voyage à Cuba y apprendront quantité de choses.
 
Le fait que l’on considère le royaume de Fidel comme «le plus grand musée automobile à ciel ouvert au monde» ne sera une nouvelle pour personne. On apprend toutefois que l’histoire d’amour entre les Cubains et l’automobile remonte à ses origines, et que La Havane était déjà, dans les années 20, la ville qui comptait le plus de voitures en Amérique latine. Cette passion automobile amènera, entre autres, les barbudos de Castro à réaliser l’une de leurs premières actions à avoir un retentissement international en enlevant (brièvement et pacifiquement) le grand champion de Formule 1 de l’époque, Juan Manuel Fangio, à la veille d’une course.
 
On entrevoit surtout au prix de quels efforts et de quelle attention des milliers de Cubains parviennent à continuer de faire fonctionner ces voitures à l’aide de pièces empruntées, ici à un vieux moteur soviétique, là à des autos japonaises ou encore à un lave-linge. Les équipements avec lesquels travaillent ces bien nommés «mécaniciens-inventeurs» sont souvent, eux-mêmes, le résultat d’improbables bricolages. Cette histoire de fiers patenteux touchera une corde sensible dans le cœur des Québécois, surtout qu’on apprend que le plus grand danger auquel font face, aujourd’hui, les almendrons est le mauvais état des routes et leurs terribles nids-de-poule. Elle nous sert aussi, en cette période du temps des Fêtes des vendeurs, un spectaculaire contre-exemple à nos sociétés du tout à jeter.