À voir le samedi 15 décembre - La belle et la balle

Affirmons-le tout de go sans trop de crainte d’être contredit: en matière de films ayant pour thème le baseball, et même le sport en général, il ne se fait guère mieux que Bull Durham. Bien des studios ont d’ailleurs dû se mordre les doigts en voyant le film connaître un immense succès après qu’ils eurent refusé d’en financer la production, laissant le champ libre à Orion Pictures.
 
Avant de se tourner vers le cinéma, le réalisateur Ron Shelton avait joué dans les ligues mineures. Quand il avait acquis la certitude, à 25 ans, qu’il n’atteindrait jamais les majeures, il avait décidé de tout lâcher avant d’avoir des regrets. Exactement le contraire de Lawrence «Crash» Davis (Kevin Costner), un receveur qui roule sa bosse depuis une bonne douzaine d’années dans les circuits inférieurs lorsqu’on lui demande de descendre au niveau A pour encadrer la progression du jeune Ebby «Nuke» LaLoosh (Tim Robbins), un lanceur à la cervelle pas trop développée mais au bras d’enfer. Entre autres qualités, Crash croit qu’un amendement constitutionnel devrait être adopté pour interdire le gazon synthétique et le frappeur de choix.
 
Les deux hommes se retrouvent dans la petite ville de Durham, en Caroline du Nord, où vit Annie Savoy (délicieuse Susan Sarandon). Annie assiste à tous les matchs des Bulls et est autoproclamée pasteure de l’Église du baseball. Chaque année, elle prend sous son aile un joueur de l’équipe, qui devient son amant et auquel elle enseigne les choses de la vie. Elle professe que faire l’amour est comme frapper une balle: il suffit de relaxer et de se concentrer, et elle assure n’avoir jamais couché avec un joueur à la moyenne au bâton inférieure à ,250, à moins qu’il n’ait beaucoup de points produits. Cette fois, elle sera tiraillée entre Crash et Nuke.
 
À la fois drôle, sensuel et touchant, Bull Durham regorge d’une sagacité rendue par quantité de répliques à l’emporte-pièce et, contrairement à ce qu’on voit dans trop de films, les scènes de sport y sont relativement crédibles. Évidemment, lorsqu’elle est présentée en traduction française comme c’est le cas aujourd’hui, la production perd beaucoup de son sel et peut même devenir horripilante. Mais bon, ne serait-ce que pour revoir la splendide Annie, on fera le détour...