TV5 Monde cherche p.-d.g.

La nomination d’un nouveau dirigeant de TV5 Monde sème-t-elle la discorde chez les partenaires du réseau multinational ? En tout cas, la semaine dernière, les alliés du réseau francophone mondial n’ont pas réussi à s’entendre sur le remplaçant éventuel de la présidente-directrice générale Marie-Christine Saragosse. Selon Le Monde, les autres actionnaires, minoritaires, y compris les Canadiens et les Québécois, « se sont agacés de voir Paris jouer, une fois de plus, cavalier seul ».

La désignation aurait dû avoir lieu le mardi 16 octobre lors d’un conseil d’administration réunissant à Paris des représentants des cinq États bailleurs de fonds, le Canada, le Québec, la Suisse, la Belgique et la France. L’actionnaire majoritaire voulait parachuter un haut fonctionnaire qui n’a finalement pas passé.


Une nouvelle candidature plus consensuelle pourrait émerger à la prochaine réunion prévue le 14 novembre.


Le dernier conseil aura plutôt servi à désigner Mme Saragosse à sa propre succession, par intérim, au moins pour un mois. Elle a récemment pris la tête d’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), holding qui chapeaute la radio RFI, sa filiale arabophone MCD et la chaîne de télévision France 24.


TV5 Monde est la première chaîne mondiale de télévision en français. Elle touche 235 millions de foyers dans plus de 200 pays et territoires, notamment grâce à des sous-titres proposés dans 13 langues, dont le coréen, le russe, l’arabe et le vietnamien. Dix chaînes partenaires nourrissent la chaîne, dont quatre de France et deux d’ici, soit Radio Canada (RC) et Télé-Québec (TQ).


« Nous n’émettrons aucun commentaire sur la situation, si ce n’est qu’à l’instar de tous les partenaires de TV5 Monde, nous souhaitons que l’enjeu de la succession du directeur général soit réglé de manière harmonieuse lors de la prochaine réunion du C.A., le 14 novembre », écrit au Devoir Marc Pichette, porte-parole de RC.


La France finance et contrôle la chaîne. AEF détient 49 % de ses parts, France Télévision (12,58 %) et Arte France (3,29 %) complètent le contrôle hexagonal. À elles deux, RC et TQ possèdent 11,11 % du réseau qui a toujours été présidé et dirigé par un Français.


« Par courtoisie, il est bien arrivé que nous soyons consultés », explique Suzanne Gouin, présidente-directrice générale de TV5 Québec Canada depuis dix ans. Elle a assisté par conférence téléphonique à la rencontre de la semaine dernière à Paris. Elle refuse d’en communiquer les détails. « Un profil de compétence est alors présenté aux partenaires. Il faut une personne qui connaisse très bien le milieu de la télévision et qui soit en même temps une bonne gestionnaire. Il faut aussi quelqu’un qui comprend la multilatéralité de cette entreprise unique. »


L’antenne nationale demeure indépendante. « Nous avons des échanges techniques et des liens d’amitié avec Paris », explique Mme Gouin.

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