À voir à la télévision le mercredi 15 février - De grandes dames

Elles ne sont plus que quelques centaines à Montréal et de par le monde. Fondée par Marguerite d'Youville, la congrégation des Sœurs de la Charité, surtout appelées Sœurs grises, fait face à son destin. «Jamais je n'aurais imaginé quitter ces lieux», lance une religieuse en parlant du couvent, qui appartient désormais à Concordia. Il y a 240 ans, leur fondatrice devenue sainte ne se doutait peut-être pas que, au contraire, ses valeurs d'humanisme auraient eu une aussi longue vie.

Avant que les oeuvres des Soeurs grises ne passent toutes entre des mains laïques, le réalisateur François Balcaen a voulu capter cette transition et la question délicate du déclin. «L'idée au début c'était de parler du transfert, mais plus j'en apprenais, plus je me disais que c'était une histoire humaine dont je devais parler», a indiqué le cinéaste, dont le documentaire a été soutenu par les Productions Rivard, basées au Manitoba.

Le fil tissé par le réalisateur pour traverser plus de deux siècles d'histoire et aborder la question délicate de leur déclin démographique est celui de la vie de Marguerite d'Youville, enchevêtré avec celui du transfert de ses reliques à l'église Sainte-Anne de Varenne, où elle est née. Une idée audacieuse, mais Balcaen réussit avec brio, en laissant parfois de côté l'épaisseur de l'étoffe historique, à raconter l'histoire des Soeurs de la Charité.

À travers leurs témoignages touchants, empreints d'humour et de lucidité, on découvre les oeuvres que les religieuses ont dirigées d'une main de maître, de l'Hôpital général de Montréal à celui de Saint-Boniface, au Manitoba, en passant par l'Accueil Bonneau, l'orphelinat de Québec et des oeuvres d'éducation et de santé aux États-Unis et ailleurs dans le monde. «Je me suis vraiment attaché à l'histoire de ces femmes, à leur candeur, à leur honnêteté. Elles sont tellement contemporaines et elles l'ont toujours été de tout temps», a expliqué le cinéaste.

L'histoire des Soeurs grises est celle d'une véritable épopée de colonisation, qui démarre à l'époque de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours. Malgré l'affligeant dénouement vers lequel leur histoire chemine, les Soeurs grises gardent la tête haute. Et on ne peut s'empêcher d'éprouver un immense respect pour leurs oeuvres et le soin qu'elles mettent à les transmettre à d'autres mains.

À noter que ce documentaire est présenté en deux parties, ce soir et mercredi prochain à la même heure.

Marguerite d'hier à aujourd'hui
TFO, 20h

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