2011, l'année de la cuisine...

Télé-Québec a vite remplacé son émission Curieux Bégin par un nouveau «magazine culinaire» baptisé Papilles, avec François Chartier, qui sera en ondes en janvier.
Photo: Télé-Québec Télé-Québec a vite remplacé son émission Curieux Bégin par un nouveau «magazine culinaire» baptisé Papilles, avec François Chartier, qui sera en ondes en janvier.

La cuisine est de plus en plus au menu des médias québécois. En 2010, déjà, les sujets culinaires avaient connu un gain de 32 % sur l'année précédente. Cette fois, selon le Bilan 2011, l'état de la nouvelle de la firme montréalaise Influence Communication, l'intérêt des médias pour le thème a encore gonflé d'un bon tiers (37 %).

«Dans notre Bilan 2010, nous avions prévu que la cuisine aurait plus de poids médias que la culture d'ici deux ans», a commenté au Devoir Jean-François Dumas, président de la firme de courtage en information Influence Communication. «Nous nous sommes trompés puisque nous y sommes arrivés en moins de 12 mois...»

Le poids médias de la cuisine avoisine les 5 %, tandis que les arts et spectacles se maintiennent à un peu plus de 4 %. L'intérêt cumulé des médias pour le livre, la danse, le théâtre, la peinture, la photographie, la poésie et la sculpture sur une période d'une semaine représente l'équivalent de la médiatisation de 2,4 minutes d'une partie du Canadien de Montréal.

Les faits divers trônent en tête des sujets les plus médiatisés au Québec avec 12 % de l'espace, suivis des sports, de la politique provinciale ou régionale, des nouvelles locales et de la politique fédérale. Toutes ces catégories passent la barre du 10 % du poids médias.

Cet indice quantitatif permet de mesurer la place d'une information dans l'économie générale des nouvelles.

Influence Communication calcule l'importance d'une nouvelle en recensant toutes les mentions dans toutes les productions comme les journaux et les émissions d'informations ou d'affaires publiques, à la radio et à la télévision.

«Avant, la cuisine était un service, explique M. Dumas. Maintenant, c'est devenu un divertissement. La preuve, c'est qu'on ne donne plus de recettes, ou de moins en moins. Dans la plupart des émissions, on présente la cuisine comme une expérience. C'est un peu comme pour le hockey: quand une partie est diffusée, ce n'est pas pour nous expliquer comment patiner. De même, on "vit" la cuisine au lieu de l'enseigner.»

Art... culinaire

On la «vit» et on la «vend», évidemment. Les émissions de cuisine servent aussi à inonder le marché de produits dérivés, par exemple de livres de recettes et des magazines, ce qui permet finalement de passer un peu d'un secteur à l'autre, de la cuisine au culturel. Et puis, on parle bien d'art culinaire...

Le sujet des chaudrons est tellement populaire qu'il a stimulé le lancement de la chaîne spécialisée Zeste il y a moins de deux ans. Télé-Québec a aussi vite remplacé son émission Curieux Bégin par un nouveau «magazine culinaire» baptisé Papilles qui sera en ondes en janvier.

Le bilan 2011 montre aussi que la cuisine occupe en moyenne 18 fois plus de place que la pauvreté dans les médias québécois. On parle donc beaucoup plus des plats et de la préparation des repas que de ceux qui ne mangent peut-être pas assez.

Ailleurs dans le monde, les sujets gastronomiques totalisent deux fois moins de poids que la culture (4,32 % par rapport à 8,44 %). De même, les médias étrangers traitent deux fois plus d'économie que les médias d'ici (14 % contre 6 %).

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