À voir à la télévision le mardi 11 octobre - De la notion d'héritage

Olivier Assayas appartient à la classe des cinéastes cinéphiles, ces réalisateurs dont la démarche témoigne d'une conscience des courants passés et présents et d'une reconnaissance envers ceux qui les ont fait naître. Ancien critique aux Cahiers du cinéma, Assayas suivit l'exemple de nombre de ses prédécesseurs à l'illustre mensuel et fit le saut à la réalisation au milieu des années 1980.

En 1996, Irma Vep confirma sa nature à la fois éclectique et révérencieuse en alliant le cinéma français du passé (hommage à Feuillade, à la Nouvelle Vague) à sa prédilection pour le cinéma

de Hong Kong. Fruit d'une commande du Musée d'Orsay, L'heure d'été renvoie plus tard à l'héritage de Renoir, celui de Partie de campagne, chef-d'oeuvre qui, au fil du temps, influença directement ou indirectement des films comme Un dimanche à la campagne et Milou en mai. L'heure d'été s'inscrit résolument dans ce sillon très français de la chronique familiale prenant pour cadre idyllique une propriété champêtre.

La demeure en question est située à Valmondois. Elle fut jadis la résidence d'un célèbre peintre, Paul Berthier. Depuis le décès de ce dernier, Hélène, sa nièce, a fait de la maison un véritable musée, préservant meubles anciens, bibelots, souvenirs et croquis divers. Ce fut l'oeuvre de sa vie. Peut-être parce qu'elle sent la mort qui vient, peut-être aussi parce qu'elle connaît bien ses trois enfants, sans doute mieux qu'ils se connaissent eux-mêmes, Hélène en dresse l'inventaire à son aîné Frédéric à l'occasion de son soixante-quinzième anniversaire. Malaise. La benjamine Adrienne vivant à New York et le cadet Jérémie s'étant installé à Hong Kong avec les siens, c'est en effet à Frédéric qu'échoit la fonction d'exécuteur testamentaire lorsque leur mère décède dans les mois qui suivent.

L'heure d'été propose une réflexion parfois très technique sur la notion d'héritage, de patrimoine. Celui-ci est familial dans le scénario, mais aussi cinématographique par les références et les motifs retenus par Assayas. Plus détaché que chaleureux, plus mesuré qu'émouvant, son film pénètre doucement dans l'esprit du spectateur et y flotte un bon moment passé le générique de la fin.

Cinéma / L'heure d'été
TFO, 21h