Télévision - Histoire de noms

Jean Bourasseau, né en Vendée, arrive en Nouvelle-France au milieu du XVIIe siècle où il devient Bourassa. Sa descendance compte Napoléon, grand sculpteur, Henri, fondateur du Devoir, Robert, premier ministre du Québec et Carmen, créatrice de Passe-Partout.

Ces Bourassa célèbres sont tous évoqués en même temps que leurs réalisations, et en deux minutes s'il vous plaît, dans une capsule vivante et captivante qui sera bientôt diffusée à TVA et LCN. Ça bouge, ça renseigne, c'est franchement bon.

La première mouture complète de la série Le Québec une histoire de famille en comptera 52 pour faire le tour d'autant de patronymes et de portions de mémoire collective. La formule développée présente donc des vedettes et des badauds portant le nom honoré au milieu d'un foisonnement d'informations liées à leurs ancêtres et leurs sociétés. Une personnalité liée au sujet s'occupe de la narration, par exemple Luc Picard, sur les De Lorimier, puisqu'il a incarné le patriote dans un film de 2000. Le lancement de la série avait d'ailleurs lieu hier au Pied-du-Courant où il a été pendu en 1839.

Cette production est le fruit d'une surprenante collaboration entre Marie-France Bazzo et Julie Snyder. Elles en ont eu l'idée après que la reine de Télé-Québec eut reçu l'impératrice de TVA sur son plateau, en 2009. «Je trouve qu'il faut se réapproprier notre histoire, résume Mme Bazzo. Si on veut faire quelque chose, il faut savoir d'où on vient, ce qui nous lie. L'histoire avec un grand H est faite de beaucoup d'histoires avec de petits h.»

L'histoire des familles s'arrime donc à celle du Québec. La généalogie sert ainsi d'accès à un immense édifice mémoriel.

«La généalogie est très populaire au Québec, explique l'historien Éric Bédard, conseiller scientifique du projet. Je suis devenu historien parce que mon grand-père me racontait des histoires de notre famille. Je crois que c'est une excellente porte: on commence par comprendre ses ancêtres, puis on les situe sur un fond historique.»

Il se réjouit aussi de voir l'histoire trouver sa place à la télé. Lui-même participe à Au tour de l'histoire à la chaîne Vox, une émission de débats entre historiens. «On en revient peut-être peu à peu de ce grand récit qui fait croire que tout commence en 1960 au Québec, dit M. Bédard. Le Québec existe depuis plus longtemps que la Révolution tranquille. Sans être dans la nostalgie, on veut comprendre. C'est normal après 50 ans d'amnésie de vouloir reconnecter avec l'histoire longue. Cette série généalogique le fait à sa manière.»

À tout seigneur, la diffusion débute le 12 septembre avec les Tremblay. Jean, arrivé lui aussi au XVIIe siècle, a engendré 180 000 descendants. «C'est le Starbuck historique», propose Mme Snyder. La souche récente des Nguyen suivra.

Les capsules seront diffusées au réseau TVA à 7h35 dans le cadre de Salut, bonjour! et à 18h57, avec en plus des reprises à LCN. Un riche site Internet complète la proposition en multipliant les compléments d'information tout en ouvrant un réseau d'échanges.
2 commentaires
  • Claude Jean - Inscrit 2 septembre 2011 12 h 59

    L'impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québécoise.

    par Luc Lépine, historien Ph.D.

    Introduction
    Nous sommes en juin 1978, la scène se passe au camp militaire de Borden, 90 kilomètres au nord de Toronto. On fait l'appel des jeunes aspirants-officiers des Forces Canadiennes. Leurs noms résonnent dans ce petit matin blafard: Bellerose, Champagne, Charpentier, Deslauriers, Lafrance, Lépine, Potvin, Sansregret, Tranchemontagne et Vadeboncoeur. Ce sont tous de futurs officiers francophones qui portent fièrement des noms de guerre légués par leurs ancêtres. Ces derniers sont arrivés au pays dans le Régiment de Carignan, les Compagnies franches de la Marine ou dans les régiments réguliers qui sont venus en Nouvelle-France. Mon ancêtre direct, Jean Chabaudier dit Lépine, avait quitté son village de Saint-Junien dans le Limousin pour venir ici comme soldat dans la compagnie de Monsieur Arnoult de Loubias, un officier du Régiment de Carignan.

    Quelques années plus tard, de 1989 à 1998, j’ai eu le privilège de travailler comme archiviste de référence aux Archives Nationales du Québec à Montréal. Une des questions qui revenait le plus souvent concernait l’origine des surnoms québécois. De longues recherches en histoire militaire m’ont suggéré une piste de réponse. Je vous livre ici le fruit de mes réflexions. Dans cet article, je traiterai de l'origine de ces surnoms militaires et de l’impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québécoise.

    Pour en savoir plus consulter l'article suivant;

    http://www.histori.ca/prodev/article.do?id=15333

    Bonne lecture et découvertes!

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.youtube.com/user/SoldatSanspareil
    http://www.tagtele.com/profil/Sanspareil
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r
    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité