À voir à la télévision le dimanche 3 juillet - Vibrante lettre d'amour aux femmes

Technicienne médicale, Manuela partage une complicité assez remarquable avec son fils Esteban, qu'elle a élevé seule. Mère et fils ont en commun un amour inconditionnel pour la comédienne Huma Rojo qui, justement, jouera dans Un tramway nommé Désir le soir de l'anniversaire d'Esteban. Ce sera son cadeau pour ses 17 ans. Mais à l'issue de la représentation, la tragédie frappe et le jeune homme meurt. Ravagée, Manuela quitte Madrid et part pour Barcelone afin de retrouver le père d'Esteban, un dénommé... Lola. Là-bas, elle renouera avec une vieille amie transsexuelle, prendra sous son aile une missionnaire enceinte et, surtout, apprendra à connaître Huma Rojo.

Tout sur ma mère et le plus grave et plus poétique Parle avec elle sont souvent les deux films de Pedro Almodóvar qui se disputent la première place dans le coeur de ses admirateurs. Non seulement tous les thèmes chers au célèbre cinéaste espagnol se trouvent-ils réunis dans Tout sur ma mère, mais ils sont intégrés avec la grâce et le naturel d'un maître au faîte de ses capacités. Mélodrame flamboyant, comédie de moeurs piquante, les deux genres cohabitent volontiers dans la même scène: tout est là, tout fonctionne. Riche en retournements et en révélations spectaculaires, le scénario transpire l'invraisemblance, et pourtant, le théâtre plus grand que nature que nous propose Pedro Almodóvar paraît toujours vrai et sonne toujours juste.

La sincérité, sans doute, et un immense talent de persuasion, certainement.

Évoluent dans des décors colorés typiques de l'auteur une kyrielle d'actrices mémorables. L'écrivaine en crise de La Fleur de mon secret, Marisa Paredes, compose ici une star de la scène touchante de vulnérabilité. Après n'avoir fait que passer au début du film En chair et en os, Penélope Cruz a l'occasion de briller en jeune fille trop bonne.

Dans le rôle du transgenre Nina, Candela Penã est aussi hilarante qu'attachante. Ce long métrage magnifique ne serait toutefois pas ce qu'il est sans la présence enveloppante et chaleureuse de Cecilia Roth; une inoubliable pietà, que cette dernière.