À voir à la télévision le mardi 5 juillet - En attendant la catastrophe...

Elle paraît déjà lointaine, la marée noire provoquée par BP dans le golfe du Mexique l'année dernière. Pourtant, la catastrophe continue son œuvre insidieuse en silence, alors que certains prétendent depuis des mois que le pétrole a complètement disparu. Comme si cinq millions de barils de brut pouvaient se dissoudre sans laisser de traces. Soyons sérieux.

L'ampleur de la destruction demeure donc largement méconnue, mais, chose certaine, cette marée noire n'a absolument pas provoqué de remise en question des forages en eaux profondes. L'appétit pour l'or noir est trop grand et les réserves, trop limitées compte tenu de la croissance effrénée faisant office de finalité planétaire.

Le documentaire présenté ce soir aux Grands Reportages pose donc l'épineuse question à laquelle on n'a pas encore répondu: faut-il craindre une explosion pétrolière au Canada comme celle qui s'est produite en 2010 dans le golfe du Mexique? Si oui, quelles seraient son ampleur et ses conséquences?

La réponse n'a rien de rassurant. En fait, il serait en fait à peu près impossible de contrôler une marée noire qui se produirait par exemple au large de Terre-Neuve, peu importe si celle-ci survenait du côté de l'Atlantique ou du côté du golfe du Saint-Laurent. Le documentaire en fait la démonstration de façon non équivoque. Mais les appels à la prudence post-BP qui ont été lancés n'ont rien donné. La prochaine cible: le gisement pétrolier de la structure Old Harry, en plein coeur du golfe du Saint-Laurent.

Fait à noter: en cas de catastrophe, le prix à payer pour les pétrolières n'est pas nécessairement énorme. Dans le cas du déversement monstre provoqué par l'Exxon Valdez en Alaska en 1989, l'amende a été réduite à 500 millions de dollars après plusieurs années de recours judiciaires. L'équivalent de quatre jours de profits pour l'entreprise.