À voir à la télévision le lundi 4 juillet - L'été d'un terrible secret

Pas évident d'aborder avec légèreté un sujet aussi lourd de conséquences que le cancer. Au petit et au grand écran, on exploite le plus souvent ce thème dans un registre dramatique, voire mélo-dramatique. Parfois, certaines œuvres se distinguent en offrant une occasion de rigoler un peu de cette maladie tragique sans toutefois tomber dans le mauvais goût. C'est le cas par exemple du dernier film de Bertrand Blier, Le Bruit des glaçons, où deux victimes rencontrent les «personnifications» de leur cancer et choisissent de les fuir.

Le cas qui nous intéresse aujourd'hui, une comédie à la fois noire et lumineuse, mettant en vedette la fabuleuse Laura Linney, aborde plutôt les questions épineuses de l'acceptation et du dévoilement du diagnostic fatal. L'actrice, qui est également productrice de cette série d'abord diffusée sur la chaîne câblée américaine Showtime, incarne avec le talent qu'on lui connaît Cathy Jamieson, une professeure d'histoire au secondaire à Minneapolis, une «madame» de banlieue plutôt coincée et ennuyeuse qui décide finalement de vivre pleinement après avoir appris qu'elle est atteinte d'un cancer de la peau très avancé et qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre.

Du jour au lendemain, elle se met à dépenser à outrance, à faire des choses qu'elle ne se serait jamais permises avant; mais voilà, elle est incapable de révéler sa maladie à ses proches, au premier chef son mari (Oliver Platt, délicieux), qu'elle a récemment foutu à la porte pour des raisons pas très claires. Entre ses élèves en cours d'été (dont sa «favorite», incarnée par Gabourey Sidibe, nommée aux Oscar pour son rôle dans Precious), son adolescent insolent et exigeant, son frère volontairement itinérant en révolte contre la société de consommation, sa vieille voisine grincheuse avec qui elle se lie d'amitié, son jeune médecin soucieux et son époux expulsé qui cherche à revenir au bercail, Cathy s'éclate le temps d'un été à porter son lourd secret, qu'elle n'arrive à partager qu'avec des inconnus.

Le Grand C aurait pu tomber dans le pathos pesant, mais, à notre plus grand plaisir, cette série fait rire de bon coeur et réfléchir sérieusement à «ce qu'on ferait si...». Voilà donc une belle acquisition de la part de TVA, dont la grille horaire d'été, avouons-le, n'est pas très relevée...