À voir à la télévision le vendredi 4 mars - L'Uranium au Québec

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'industrie minière a déjà eu meilleure presse au Québec. Le secteur uranifère n'y fait pas exception. Plusieurs redoutent en effet les impacts de l'exploitation de ce minerai radioactif sur la santé des populations et sur la qualité de l'environnement. Lorsqu'on sait que des dizaines de projets sont en développement au Québec, à la faveur d'une remontée des prix de cette ressource naturelle, il y a de quoi vouloir poser quelques questions élémentaires. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait des citoyens de Sept-Îles au cours des derniers mois.

Mais y a-t-il des dangers pour la santé? Isabelle Gingras, porte-parole des médecins québécois pour un moratoire sur l'exploration et l'exploitation de l'uranium, appelle à tout le moins à la prudence. Selon elle, on manque d'études sur les différents stades d'exploration.

Ce qu'on sait, cependant, c'est que les risques d'émanation de radon sont bien réels et que le radon est reconnu comme une cause du cancer du poumon. On sait aussi qu'une telle mine laisse derrière elle quantité de résidus radioactifs. En fait, près de 80 % de la radioactivité présente dans le sol se retrouve dans les montagnes de résidus.

À l'opposé, Patsy Thompson — directrice générale de la Direction de l'évaluation et de la protection environnementales et radiologiques de la Commission canadienne de sûreté nucléaire — affirme que ce secteur minier ne pose pas de risques particuliers. Plusieurs études auraient selon elle démontré l'innocuité de cette activité minière controversée. Des études bien souvent réalisées par l'industrie elle-même, réplique Mme Gingras.

Bref, tous les éléments sont en place pour une discussion très intéressante dans le cadre de cette table ronde présentée lors des dernières Rencontres de l'Acfas. Outre Mme Gingras et Mme Thompson, le physicien nucléaire Michel Duguay et le professeur au Département des sciences de la terre et de l'atmosphère de l'UQAM, Normand Goulet, prennent part à ce débat très actuel.


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