À voir à la télévision - Shakespeare à la p(l)age

La Saint-Valentin, fête des amoureux, mais aussi du chocolat, des fleurs et d'autres cadeaux offerts en guise de preuve d'amour, a officiellement lieu demain, mais comme demain c'est lundi, plusieurs l'auront déjà célébrée cette fin de semaine. Pour terminer le tout en se lovant dans son bonheur tranquille, ou encore pour maudire l'amour tout seul dans son coin, le classique du grand Will Roméo et Juliette peut parfaitement faire l'affaire. À l'exception de l'adaptation (décriée) qu'en a faite Yves Desgagné en 2006, la plus récente version de ce chef-d'œuvre est celle de Baz Luhrmann il y a maintenant une quinzaine d'années, sise elle aussi à notre époque.

En remettant au goût du jour cette histoire d'amour et de haine qui déchire les Capulet et les Montaigu, dans une apocalyptique Vérone californienne armée jusqu'aux dents, le réalisateur australien poursuivait sa trilogie du Rideau rouge, un cycle cinématographique théâtral amorcé avec le pétillant Strictly Ballroom et qu'il a conclu avec le virevoltant Moulin Rouge en 2001.

Film-culte pour une génération d'adolescentes romantiques, qui y ont découvert le jeune et séduisant Leonardo DiCaprio tout juste avant qu'il ne sombre dans le Titanic, cette relecture avait eu le mérite de leur faire connaître le texte original (quoiqu'un peu charcuté).

Le film est moins coloré et moins joyeux que les deux autres opus de la trilogie (et pour cause!), mais l'esthétique kitsch et le jeu burlesque des acteurs qui caractérisent les films de Luhrmann sont encore au rendez-vous, bien que dans une moindre mesure... D'ailleurs, l'interprétation plutôt sobre des deux protagonistes (Claire Danes, alors quasiment inconnue, et son «Roméo» DiCaprio, qui se débrouille pas mal) tranche avec les cabotinages de leurs covedettes (entre autres Harold Perrineau en Mercutio et Paul Sorvino en papa Capulet) et la mise en scène «clipesque» à la MTV, une chaîne qui avait honoré le film de quelques prix lors de son gala «cinématographique» annuel. Ajoutez à cela une bande sonore pour le moins éclectique, réunissant des grands (Radiohead, Prince et même Mozart) et quelques groupes des années 90 disparus dans la brume depuis, et vous obtenez une tragédie bigarrée qui a l'âge de ses héros...

 
1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 février 2011 08 h 22

    Doublage québécois pitoyable

    J'espère que Cinépop nous montrera la version doublée en France parce que celle faite au Québec est l'une des pires que j'ai entendues. Toutes ces voix de jeunes acteurs immatures: on se croirait dans un poulailler.