À voir à la télévision le mercredi 22 décembre - L'homme derrière la légende

La plupart des figures historiques marquantes voient tôt ou tard leur vie et leurs exploits portés au grand écran. Depuis ses débuts, le septième art aime à se repaître de ces destins célèbres. Or, voilà, quand on admire un tel personnage, on est en droit d'espérer que le film qu'on lui consacre lui rendra justice. Maurice Richard est, à tous points de vue, une éblouissante réussite.

Au Québec, amateur de hockey ou non, on connaît bien l'histoire de notre Rocket. Le scénario habile et intelligemment condensé de Ken Scott (La Grande Séduction) relate certes les grands exploits de la légende sportive, mais il permet également d'être témoin de l'intimité de l'homme, d'avoir un aperçu significatif de sa vie de famille, laquelle comptait beaucoup pour lui. Or cette incursion du côté de l'humanité d'un héros national n'altère en rien sa dimension quasi mythique.

Cet équilibre que le scénariste parvient à trouver est maintenu par la mise en scène particulièrement inspirée et évocatrice de Charles Binamé (Eldorado, Séraphin - un homme et son péché), laquelle met en valeur une reconstitution historique minutieuse que vient magnifier la lumière du directeur photo Pierre Gill, vieux complice du cinéaste, qui signe là une oeuvre très achevée.

Et il y a Roy Dupuis. Il est Maurice Richard. Volontiers habité, le talentueux comédien trouve ici l'un de ses plus grands rôles, qu'il rend avec ce mélange si particulier de sensibilité et de charisme brut. Ainsi, Maurice Richard représente l'aboutissement de l'effort concerté de quatre talentueux artisans qui, tels de dévoués orfèvres, ont conçu, coulé, peaufiné et poli une fine pièce de joaillerie. Diamant brut, peut-être le Rocket a-t-il été un peu embarrassé par tant de déférence, de soin et de finesse (je suppute). Reste que tout cela était largement justifié. L'oeuvre qui en résulte fait honneur à un homme modeste dont l'extraordinaire destin continue d'inspirer tout un peuple.

Cinéma / Maurice Richard
Radio-Canada, 19h30