À voir à la télévision le mardi 21 décembre - Un bon exemple de persévérance

Les histoires moralisantes qui se terminent bien occupent beaucoup de place dans la programmation télévisuelle du temps des Fêtes. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil aux listes des films diffusés au cours des dernières semaines: beaucoup de drames édifiants à la Scrooge et d'autres récits de «miracle de Noël»...

L'histoire dont il est question dans le téléfilm Warm Springs n'a pas de lien particulier avec la période des Fêtes, mais elle risque tout de même d'intéresser les amateurs d'histoire américaine qui aiment les contes moraux à la fin heureuse. Cette production somptueuse de la chaîne câblée américaine HBO relate un épisode déterminant de la vie de Franklin Delano Roosevelt avant qu'il ne devienne président des États-Unis: le combat qu'il mena contre la paralysie de ses membres inférieurs — qui résultait d'une poliomyélite (du moins, c'est ce qu'on croyait à l'époque) et qui venait briser ses rêves politiques — et son projet de centre de traitement d'hydrothérapie pour les victimes de cette maladie dans une station thermale de Géorgie, le Warm Springs du titre, endroit où il rendit l'âme en 1945.

Téléfilm à la facture somme toute classique pour ce genre de récit, profitant d'une réalisation compétente d'un habitué du genre (le vétéran Joseph Sargent), d'une direction artistique exceptionnelle et d'interprètes de talent en grande forme, Warm Springs a le mérite de montrer les côtés sombres de la personnalité de ce président souvent donné en exemple (lors des «flash-back» d'avant sa maladie) et de présenter la relation complexe et houleuse qu'il entretenait avec son illustre épouse Eleanor.

Par ailleurs, la dimension politique du personnage est un peu trop effacée, au profit de l'illustration moralisatrice de ce laborieux combat personnel, qui rappellera peut-être à certains une collection d'albums pour la jeunesse «Un exemple de...», éditée en 1980 et qui mettait en lumière une qualité particulière d'un personnage illustre de l'histoire (d'ailleurs, Eleanor Roosevelt a fait l'objet de l'un de ces albums...). Reste l'interprétation sentie et fort touchante de Kenneth Branagh et Cynthia Nixon, parfaits en futur couple présidentiel, qui compense pour le côté «guimauve», voire larmoyant de ce récit véridique qui a en quelque sorte changé le cours de l'histoire américaine.

Cinéma / Warm Springs
Historia, 22h