À voir à la télévision le mardi 30 novembre - Passionnant suspense imaginaire

Adaptation ne se résume pas. Il se découvre sous chaque couche d'oignon, qui en cache une autre. C'est un film qui évolue à des années-lumière du cinéma à numéros concocté trop souvent par Hollywood.

En 1999, le délirant Being John Malkovich avait révélé le scénariste Charlie Kaufman et le cinéaste Spike Jonze. Pareille équipe gagnante et originale se devait de faire d'autres petits. S'attelant à la roue d'un nouveau film en tandem, Kaufman et Jonze nous offrent un film totalement différent du précédent, mais aussi réussi, brillant et palpitant, avec des histoires emboîtées les unes dans les autres comme des poupées russes. Le scénariste s'est basé à la fois sur un projet d'adaptation d'un livre abordant la passion des orchidées et sur ses propres efforts pour écrire un scénario, tout cela débouchant sur un passionnant suspense imaginaire.

Depuis Leaving Las Vegas, Nicolas Cage n'avait pas eu un rôle à sa taille. Il s'agit dans Adaptation d'un double rôle, puisqu'il incarne à la fois le scénariste et le frère jumeau de celui-ci, scénariste également quoique de registre commercial, aussi à l'aise en société et sûr de lui que son frère est complexé, mal dans sa peau, timide avec les femmes et torturé par la peur de l'échec. Côté soleil et côté ombre du même personnage, Cage eut à se diviser pour une prestation de parfaite schizophrénie qui fait éclater l'étendue de son registre.

Au-delà du cauchemar du scénariste angoissé qui se transformera avec son frère en limier pour traquer l'auteur du livre qu'il adapte, c'est la passion des fleurs, la quête d'une sensation ultime, qui constitue un des thèmes d'Adaptation.

Meryl Streep, toujours énigmatique et souveraine, livre dans la peau d'une journaliste-écrivaine qui sait mentir un magnifique duo d'acteurs avec Chris Cooper en aventurier chercheur d'orchidées.

On découvrira leur lourd secret parmi ces fleurs pourchassées dans les marais des Everglades.

Ces plantes épiphytes qui squattent les arbres et s'adaptent à toutes sortes d'environnements deviennent elles-mêmes des symboles du scénario en constante évolution, qui se déploie comme une vrille.