À voir à la télévision le samedi 30 octobre - Un destin qui devait être raconté

Le 22 février 1943, à Munich, une jeune femme fut conduite à la guillotine quelques heures à peine après avoir été reconnue coupable de haute trahison à l'issue d'un procès expéditif. Les jours précédents, cette étudiante qu'on croyait alors sans histoire s'activait dans la clandestinité à dénoncer le Troisième Reich au moyen de tracts rédigés par elle et d'autres membres de son association, La Rose blanche.

Elle s'appelait Sophie Scholl. Elle n'avait que 21 ans. Sophie Scholl - les derniers jours relate sobrement lesdites journées qui ont mené à la mise à mort de cette authentique héroïne. Réalisé par Marc Rothemund, un cinéaste dont le travail demeure ici peu connu mais qu'un premier film très populaire en Allemagne a d'emblée fait accéder à une certaine notoriété, cette oeuvre aux contours classiques adopte un ton digne qui ne pèche jamais par excès de solennité. Étant donné le sujet, il eût été facile de verser dans la grandiloquence ou d'adopter une approche hiératique afin d'appuyer davantage la démonstration.

En cela, le réalisateur se montre intelligemment retenu et recourt à une reconstitution d'époque soignée, à l'instar de la direction photo, ainsi qu'à un montage souple.

Scénarisé à partir des minutes du procès rendues publiques en 1990, Sophie Scholl - les derniers jours lève le voile sur un destin tragique, celui d'une battante qui mourut pour ses convictions humanistes et pacifistes.

Dans le rôle-titre, la comédienne Julia Jentsch (Les Edukateurs, J'ai servi le roi d'Angleterre) déploie un abattage discret, modulant avec finesse un jeu sensible et touchant, très habité.

Certes, les personnages périphériques auraient gagné à être davantage étoffés afin de faire accéder l'oeuvre à une possible grandeur, mais la figure centrale demeure tellement puissante qu'on aurait tort de ne pas se laisser raconter cette triste mais édifiante page d'histoire.

Cinéma / Sophie Scholl - les derniers jours
Télé-Québec, 22h30