À voir à la télévision le mardi 12 octobre - Entre gothisme et disco

À la fin des années 1970, Universal vivait un léger creux de vague. Afin de renflouer leurs coffres, ses dirigeants ont eu le réflexe attendu: refaire ce qui avait déjà fonctionné pour eux. L'horreur ayant alors plus que jamais le vent dans les voiles, des remakes de classiques du studio, comme Dracula, parurent soudain fort tentants.

Tourné dans la magnifique région de Cornwall, en Angleterre, le film de John Badham constitue non pas une adaptation du roman de Bram Stoker, mais plutôt de la pièce que Hamilton Deane et John L. Balderston en tirèrent jadis. En 1931, Tod Browing s'en inspira lui aussi pour sa version avec Bela Lugosi.

Campée à la veille de la Première Guerre mon-diale, l'intrigue s'intéresse à l'idylle qui se noue entre le bon comte (Frank Langella, reprenant son succès de Broadway) et Lucy Seward (Kate Nelligan, radieuse), la fille du directeur d'un institut psychiatrique (Donald Pleasance, rigolo) sis en bord de mer. Nouveau propriétaire d'un manoir voisin, Dracula, un noble venu de Transylvanie, a tôt fait de semer la mort dans les environs et d'éveiller le désir frémissant de jeunes femmes bien élevées.

Et le professeur Van Helsing (sir Laurence Olivier, convaincu) d'affûter ses pieux...

Précisons-le, cette mouture vaut le coup d'oeil surtout pour ses éléments esthétiques. Les décors, tant naturels que de studio, sont d'un gothisme exquis et la direction photo du grand Gilbert Taylor (Dr Folamour) enchante l'oeil, du moins dans la version récemment restaurée. La trame sonore évocatrice de John Williams sied en outre parfaitement à cet exercice dans l'horreur romantique. Dommage que John Badham ait tenu à inclure quelques éléments kitsch à sa mise en scène, comme s'il n'avait pas encore tout à fait décroché de son récent succès, La Fièvre du samedi soir. Malgré le contexte historique, le comte Dracula semble en effet parfois prêt pour une virée au Studio 54!

Cinéma / Dracula - Cinépop, 21h45

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