À voir à la télévision le mercredi 29 septembre - Quelques adieux

Vagabond taciturne, Damien habite une cabane rudimentaire dans la forêt qui borde le château de Versailles. Un jour s'amène dans le parc Nina, jeune mère monoparentale qui a les services sociaux dans le collimateur. Avec son petit garçon Enzo, elle passe la nuit chez Damien. Au matin, Nina s'est volatilisée, abandonnant apparemment à Damien le soin de s'occuper d'Enzo. Lentement, ces deux êtres blessés apprendront à s'apprivoiser, l'un pansant les plaies de l'autre.

Joli film que ce Versailles. Le sujet, bien sûr, emporte d'emblée l'adhésion. On pense au Kid, de Chaplin, et on se montre d'entrée de jeu tout disposé à recevoir ce long métrage grave aux passages poignants. Car l'humour n'a guère sa place ici, le cinéaste Pierre Schoeller ayant opté pour une approche naturaliste du sujet.

Ce choix s'avère d'ailleurs éclairé, car, au final, l'intrigue compte son lot d'invraisemblances.

La portée desquelles, justement, se voit amoindrie par l'air d'authenticité qui se dégage de la mise en scène, du jeu, des lieux.

Oeuvrant surtout à titre de scénariste de téléfilms, Scholler a pondu une histoire à laquelle on veut volontiers croire, une sorte de conte moderne, comme l'ont fait remarquer certains. Le récit s'articule en outre autour de deux héros fort attachants et le film fait beaucoup de kilométrage sur ce capital de sympathie acquis très tôt.

Lors de sa sortie en France à la fin de l'été 2008, Versailles s'attira une presse généralement favorable et, même dans les papiers moins convaincus, la qualité du jeu de Guillaume Depardieu sembla faire l'unanimité. Certains parlèrent d'une grande performance, et on ne les contredira pas.

Quand l'acteur mourut l'automne suivant, Versailles revêtit soudain une dimension prophétique. Sans qu'il se fût agit d'un chant du cygne officiel — le tourmenté comédien tourna pas moins de six films en 2008 —, Guillaume Depardieu trouva certainement là l'un de ses plus beaux rôles.

Cinéma / Versailles
Artv, 21h