Le feuilleton Bastarache obtient un franc succès télé

La commission Bastarache est en train de devenir le succès télévisuel de l'été qui s'achève. Les réseaux d'information continue RDI et LCN attirent d'enviables auditoires en diffusant et en analysant les travaux, surtout LCN, qui confirme ainsi sa domination du secteur.

Hier, dès 8h, l'audimètre du réseau de Quebecor frisait les 100 000 téléspectateurs. À 9h, ils étaient 126 000, et RDI, la chaîne spécialisée de Radio-Canada, en comptait alors 54 000. Le total grimpe sans cesse jusqu'au sommet de midi, avec 191 000 personnes pour LCN et 81 000 pour RDI.

La part de marché de l'un a atteint 6,4 dans la journée, celle de l'autre, 3,8. Le site Internet du réseau attire aussi plus de 100 000 clics par jour.

«Nous avons eu des cotes d'écoute supérieures en couvrant en direct des événements tragiques comme la fusillade de Dawson, commente Martin Cloutier, directeur de l'information pour TVA et LCN. Mais, avec plus de 100 000 téléspectateurs le matin, franchement c'est comme un million pour une autre chaîne.»

En plus, depuis un an, LCN se bat à armes égales contre RDI, de nouvelles règles l'autorisant à diffuser les débats en continu alors que, pendant la commission Gomery sur les commandites, la chaîne privée devait constamment insérer des bulletins de nouvelles pour respecter son mandat.

Seulement, le patron attribue une bonne part de son succès à la mise en perspective constante de l'information. «Robert Plouffe couvre les travaux et Jean Lapierre est sur place, dans les couloirs, à Québec, pour l'analyse», dit encore M. Cloutier, qui cite aussi le recours à l'éditorialiste Jacques Samson, du Journal de Québec, et à Paul Larocque, pilier de la salle des nouvelles de TVA.

En commandant cette commission, le gouvernement libéral avait-il conscience du risque que la diffusion constante du feuilleton politico-dramatique scotche des centaines de milliers de citoyens aux écrans? Après tout, le même effet pervers avait déjà été observé pour la commission Gomery.

«L'auditoire est une chose, l'opinion publique en est une autre», commente Nathalie Moreau, chargée des relations de presse à Radio-Canada.