A voir à la télévision - Vendredi 30 juillet

Carrie au bal du diable, traduction poussive de Carrie, fêtera bientôt ses vingt-cinq ans. Le film de Brian De Palma, qui s'attarde au sort d'une adolescente ostracisée douée de pouvoirs télékinétiques qui bascule dans une rage meurtrière après avoir été humiliée une fois de trop, accuse sans broncher les attaques du temps et demeure, aujourd'hui comme hier, un modèle en son genre. De fait, ce long métrage fascinant aux accents tragiques n'a rien perdu de son panache.



Peu importe que l'on adore ou que l'on conspue le travail de Brian De Palma, Carrie constitue hors de tout doute une des oeuvres charnières de sa filmographie. Dans un recueil d'entretiens qui lui est consacré, le cinéaste révèle que les nombreux reports de production et les changements de studio lui ont offert un luxe de temps de préparation jamais égalé depuis. De telle sorte qu'il a pu peaufiner à souhait certaines scènes clés nécessitant des mouvements d'appareil compliqués ou le recours à des caches et des lentilles spéciales. Planifiée dans ces moindres détails, une séquence complexe comme celle du bal est ainsi devenue un morceau d'anthologie. Notez qu'il est ici question de tout l'épisode du bal, de l'arrivée de Carrie au bras du petit ami d'une autre jusqu'à sa sortie, stoïque et hagarde. De Palma orchestre là un suspense brillant en multipliant les points de vue (ceux de Carrie, de la petite amie Sue, de la vilaine Chris, de la compréhensive Miss Collins et le nôtre, omniscient). La virtuosité technique déployée pendant les quinze minutes que dure ce segment est étourdissante. La musique de Pino Donaggio, qui remplaça Bernard Hermann au pied levé et devint un fidèle collaborateur du cinéaste, ponctue efficacement une action savamment découpée par Paul Hirsch, un autre complice assidu.

Dans le rôle-titre, Sissy Spacek compose une jeune fille vulnérable, en fin de compte plus meurtrie que vindicative. Elle est entourée d'une distribution-culte dominée par Piper Laurie, inoubliable en mère folle de Dieu.

Cinéma / Carrie au bal du diable
Télé-Québec, 21h