Tournage de Prozac - la maladie du bonheur - Drogue douce

France Castel joue le rôle de la «mère folle, hypercontrôlante, avec le cœur dehors».
Photo: - Le Devoir France Castel joue le rôle de la «mère folle, hypercontrôlante, avec le cœur dehors».

Ce n'est pas tous les jours qu'on se presse pour aller à l'hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine! Or, hier midi, une trentaine de journalistes et photographes se sont entassés dans un corridor glauque d'un pavillon désaffecté de l'hôpital psychiatrique. Mais la faune médiatique n'a pas eu besoin de présenter sa carte d'assurance-maladie. Elle venait assister au tournage de Prozac, la maladie du bonheur.

Le réseau V met les bouchées triples pour lancer cette série dès le 8 septembre; et le tournage de 33 jours se déroule à un rythme d'enfer. Car cette série est une des belles promesses de la rentrée en télévision. Portée par une distribution prestigieuse, dirigée par un réalisateur aguerri (François Bouvier), Prozac est signée par deux filles allumées qui font leur baptême télévisuel: Sophia Borovchyk et Karina Goma, deux amies qui travaillent depuis 20 ans dans le milieu des médias et du documentaire.

Vous aurez compris avec ce lieu de tournage que Prozac aborde la maladie mentale. Un sujet encore tabou, croit Sophia Borovchyk. «Contrairement au cancer ou à d'autres maladies physiques, les gens hésitent encore à parler de maladies mentales. Il existe une telle pression sociale pour trouver le bonheur et l'équilibre que la dépression dérange encore.» Karina Goma abonde: «C'est le grand mal du XXIe siècle. Pour nous, ce sujet s'est tout de suite imposé. Il nous permet aussi d'explorer un sujet plus vaste: la faille chez tous les humains.»

«Toutefois, il n'y a rien de dark dans Prozac», prévient le réalisateur de la série, en spécifiant que les situations jouent sur la fine ligne entre le drame et le comique. D'ailleurs, l'écriture des auteures a charmé tout le monde sur le plateau. Du régisseur aux vedettes. «Si j'ai pu avoir tous ces bons acteurs [certains pour seulement quelques jours de tournage au milieu de l'été], le crédit en revient à la qualité des textes», affirme François Bouvier.

Prozac raconte l'histoire de Philippe (Patrice Robitaille), un gagnant à qui tout réussit. Mais à l'aube de la quarantaine, l'homme charmeur et brillant sombre dans une dépression. Récemment nommé éditorialiste d'un quotidien, il va commettre une «grave faute» professionnelle qui fera basculer sa vie; et celle de ses proches.

Autour de lui gravite une kyrielle de personnages. Ses amis: Mathieu, journaliste en économie (François Létourneau); Sophie et son nouveau chum (Isabelle Blais et Louis Morissette). Ses parents: France Castel en «mère folle, hypercontrôlante, avec le coeur dehors» et Gilles Renaud, un policier «sensible» à la retraite. Puis une bande de joyeux dépressifs qui font partie de son groupe de thérapie (parmi eux, les Louise Portal, Jean-Pierre Bergeon, Sophie Faucher...).

François Létourneau, qui a coécrit ou joué dans des oeuvres phares tant à la télé qu'au théâtre et au cinéma (Les Invincibles, Cheech, Québec-Montréal), a été aussi happé par l'univers de Prozac. «Je vois déjà dans quelle direction pourrait aller mon personnage pour une seconde saison... »

Avis: la consommation de cette série pourrait créer une dépendance.

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Collaborateur du Devoir

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