À voir à la télévision le mardi 18 mai - L'âge leur va si bien

Ils sont à l'hiver de leur vie, mais ils sont encore bien verts. Une jeunesse de coeur et d'esprit qui fait de ces «chers nonagénaires» de fabuleux passeurs de sens. La caméra discrète de la cinéaste Marilù Mallet a permis de recueillir leurs confidences éclairantes dans un documentaire intimiste qui invite à goûter la vie jusqu'à la lie.

Présenté sur grand écran cet hiver aux Rendez-vous du cinéma québécois, Chers nonagénaires met en lumière quatre vies pleines qui donnent sa pleine mesure au temps. Celui qui passe et qui use, mais aussi celui qui donne et qui fait grandir. Leurs réflexions alertes trahissent une joie de vivre hors du commun et compensent largement la sobriété un peu terne de ce documentaire, par ailleurs de bonne tenue.

«Je ne m'ennuie jamais. Je ne connais pas l'ennui. Je n'ai pas assez de temps dans une journée pour faire tout ce que je voudrais faire», raconte Georgette Bourret qui, à 95 ans, a l'agenda chargé d'une jeune — très jeune — retraitée. À 92 ans, Joffre Bélanger conduit et répare encore lui-même sa voiture et bricole tout ce qui lui tombe sous la main. Le secret de sa longévité sans nuages? «Je suis heureux. Je l'ai toujours été et je le suis encore.»

Est-ce un hasard? Tous parlent du bonheur qui les habite encore. Un bonheur familial, mais aussi construit et bonifié au fil des rencontres avec les amis, les collègues, toutes générations confondues. «Le bonheur, ce sont les amis. La qualité de nos amis fait la qualité de nos vies», croit profondément le père Benoît Lacroix, lui aussi âgé de 92 ans. «Au fond, ce qui compte, ce n'est pas tant l'âge que ce qu'on a dans le coeur.»

Alertes, lucides et enjoués, ces quatre nonagénaires ont aussi la chance de vieillir en santé, loin de la maladie. Et ce n'est que justice, croit Raymonde Poulin. «Toute ma vie, j'ai pris soin de ma santé avant de prendre soin de mes maladies», raconte la femme de 90 ans qui veut mourir de même. «On devrait pouvoir mourir doucement comme une chandelle s'éteint parce qu'il n'y a plus de cire.» Voilà décidément un très joli film, qui aide à se réconcilier avec ce qu'il convient d'appeler aujourd'hui le quatrième âge.

Chers nonagénaires - Canal Vie, 20h