À voir à la télévision le samedi 15 mai - Un mec s'il vous plaît

Si Éric Rohmer se cherchait un héritier — et, au fil des décennies, nombreux furent ceux qui ont voulu s'octroyer ce titre... —, il pourrait bien l'avoir enfin trouvé en Emmanuel Mouret. Évidemment, ce fils spirituel n'a pas encore l'étoffe du maître, mais en l'espace de quelques films, dont Changement d'adresse et Un baiser s'il vous plaît, son élégance et son romantisme d'un autre âge ont su s'imposer à l'écran.

Cette délicatesse était déjà palpable dans Vénus et Fleur (2003), un joli conte sentimental sur deux femmes en quête d'amour et prenant tous les moyens pour le trouver. Certains sont bien sûr très rigolos, mais d'autres vont entacher la confiance de ces copines si différentes; seul le soleil écrasant de Marseille explique qu'elles aient pu devenir bonnes amies le temps des vacances estivales.

En effet, rien ne prédestinait la sérieuse Fleur (Isabelle Pirès), une Parisienne pas très délurée, à se lier avec la pétillante Vénus (Veroushka Knoge), une Russe au physique de mannequin abandonnée par son amant français. Après une première rencontre dans un café, Vénus s'installe dans la magnifique villa où réside Fleur et, malgré leurs différences, elles s'entendent sur un point: elles veulent se trouver un mec, et le plus vite sera le mieux. Or voilà que débarque

le séduisant Bonheur (Julien Imbert), l'ami du frère de Fleur, dont le charme discret et l'allure athlétique font craquer les deux hôtesses. Évidemment, les choses doivent nécessairement se compliquer, pour le malheur des deux filles et la joie de tous les spectateurs.

Cette joie est d'ailleurs perpétuelle devant ce film pétillant d'intelligence, d'une grande sensualité et duquel émane un parfum d'insouciance méditerranéenne. Après Vénus et Fleur, Emmanuel Mouret n'allait pas nous décevoir.

Cinéma / Vénus et Fleur - Télé-Québec, 22h30